L'UE ne suspend pas les vols vers le Mexique

D.H. avec AFP

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La majorité des pays de l'UE a écarté pour le moment une idée française de suspendre les vols aller vers le Mexique, a annoncé jeudi 30 avril la ministre française de la Santé Roselyne Bachelot lors d'une réunion extraordinaire à Luxembourg sur la grippe porcine, "La France avait souhaité que soient envisagées si nécessaire des mesures de suspension des vols, mais nous convenons évidemment que ces mesures n'ont de sens que si elles retiennent un soutien général ou quasi général de nos collègues", a-t-elle commenté, en quittant de manière prématurée Luxembourg pour assister à une réunion ministérielle à Paris.

"Nous avons convenu qu'un certain nombre de pays n'ont pas jugé dans l'état de la situation actuelle que ces mesures soient mises en place immédiatement", a-t-elle ajouté. "Nous nous acheminons à ce point de notre débat vers un accord pour dire que des mesures pourraient être envisagées, si nécessaire, et qu'elles doivent continuer à rester sur la table", mais "dans l'état actuel de la situation, nous ne prenons pas encore cette décision", a-t-elle dit.

Le gouvernement français accentuait sa mobilisation face à la menace d'une pandémie de grippe porcine qualifiée d'"imminente" par l'OMS, alors que cinq cas probables ont été identifiés dans le pays, mais aucun confirmé jusqu'à présent. La France va "vraisemblablement passer au niveau 5" d'alerte face à l'épidémie de grippe porcine, a déclaré le président Nicolas Sarkozy en déplacement en Haute-Savoie. L'OMS a relevé mercredi soir son niveau d'alerte à 5 sur une échelle de 6, avertissant d'une pandémie "imminente". "Toutes les mesures sont prises, on se réunit tous les jours. Il faut être très très vigilant, prévoir, s'organiser", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre François Fillon devait réunir jeudi soir les ministres concernés par la lutte contre la grippe porcine, tandis qu'une autre réunion devait se tenir un peu plus tôt autour de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. "On examine comment passer à un stade supplémentaire de la mobilisation puis de coopération européenne", a déclaré François Fillon à des journalistes à Varsovie, où il achevait un déplacement.

Cinq cas étaient qualifiés de "probables" parmi 41 en cours d'investigation jeudi en France, mais aucun cas n'a été à ce stade confirmé, selon Françoise Weber, directrice de l'Institut de veille sanitaire (InVS). Les tests ont montré pour un des cinq cas probables qu'il souffrait de grippe de type A comme le H1N1, et qu'il ne s'agit pas du virus de la grippe saisonnière, a indiqué le ministère de la santé. Cela renforce la probabilité qu'il s'agissse de la grippe porcine. Deux autres cas sont moins avancés dans les tests et deux ont une probabilité renforcée, dont l'une par des contacts avec une personne atteinte au Mexique.

Par ailleurs, les résultats des tests concernant l'enfant de 9 ans de retour d'un voyage récent au Mexique, hospitalisée mercredi à Paris après un malaise à son école, étaient attendus sous 48 heures. L'enfant, scolarisée dans le XVIIIème arrondissement, a développé "des syndromes grippaux". "Les contacts qu’a pu avoir cette enfant sont en cours de recherche", a précisé l'InVS. "Par précaution, dans l’attente des résultats des analyses, les parents des élèves scolarisés dans la même classe ont été invités à garder leurs enfants chez eux", a indiqué le maire de Paris.

De son côté le Service de santé des armées a annoncé jeudi que la pharmacie centrale des armées se tenait prête à produire un antiviral, composé du principe actif du Tamiflu, si le ministère de la Santé l'estimait nécessaire. Les comprimés susceptibles d'être produits par les armées seraient dosés à 30 mg de principe actif contre 75 mg pour le Tamiflu, ce dosage spécifique étant adapté aux formes pédiatriques, a expliqué le médecin-chef Anne Robert, du Service de santé des armées. Un premier stock de 60 millions de comprimés avait déjà été constitué dans les années 2006-2007.