Facebook coté cancres

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Facebook n'est pas le meilleur stimulant pour les études. Selon une étude américaine, la corrélation est avérée entre le temps passé sur "FB" et des notes moyennes.

Quel parent d'ados n'a pas eu ce type d'échange avec son épigone :

- ".... Si tu pouvais arrêter de jouer avec l'ordi, juste pour laisser refroidir le processeur...

- Mais, je ne joue pas, je suis sur Facebook...

- Ah. Et tu gères ta centaine d'amis...

- 289 exactement, ne m'humilie pas en plus...

- ... 289, OK, sur Facebook donc, depuis deux plombes... Mais si tu allais faire un peu ta physique car avec Facebook, ton cursus est comme l'univers, les galaxies de Stanford et de la rue d'Ulm s'éloignent à mesure que le temps passe...."

Parents, ne lâchez pas le morceau : la faculté est de votre côté. Pas la nôtre non, pas celle qui fait passer les exams dans les McDo et qui va encore nous projeter un peu plus dans les bas-fonds des classements internationaux des universités. Sur ce coup, c'est du côté de l'empire du mal, vers les inventeurs du réseau social que commence à poindre les arguments pour la rédemption ultime.

L'université de l'Ohio vient de rendre public une étude qui met en évidence une corrélation entre l'appartenance au réseau social et les résultats scolaires. Le résumé de l'étude se trouve ici. "Il y a une déconnexion entre l'affirmation des étudiants selon lesquels le fait de passer du temps sur Facebook n'a aucun impact sur leurs études et nos conclusions qui montrent que leurs notes sont plus basses et qu'ils passent moins de temps à leurs études", note Aryn Karpinski, post-doctorant en sciences de l'éducation à co-auteur de l'étude. Ce qu'il faut retenir tient en peu chiffres. Les étudiants qui sont sur Facebook (plus fréquents dans les sciences dures qu'en sciences sociales, bizarrement) consacrent en moyenne 11 à 15 heures par semaine aux études hors cours, contre 1 à 5 heures pour les Facebookers. Evidement, les notes s'en ressentent, quoique de façon non proportionnelle, les non-adeptes récoltent entre 3,5 et 4 points GPA (Graduate Point Average, une unité de mesure commune aux universités anglo-saxonnes) là où les adeptes scorent entre 3,0 et 3,5. Ce ne sont que des fourchettes. Il est certain que pour beaucoup, cela fait une différence (heureusement, plus l'étudiant progresse dans son cursus, moins il est assidu à Facebook).

Ces résultats correspondent au temps passé en moyenne sur Facebook qui est hors de proportion par rapport au reste de l'internet. En février dernier, chacun des 12 millions "d'utilisateurs uniques" français (une couverture de 37% !) a passé en moyenne 2h37 sur Facebook. C'est un chiffre colossal comparé à un site de rencontres comme Meetic (1h03 visiteur et par mois), un site d'enchères comme eBay (59 mn), d'annonces gratuites comme leboncoin.fr (50 mn). La presse généraliste, avec des sites comme Le Monde ou Le Figaro ne capte que 15 minutes d'attention par mois pour chacun de ses lecteurs électroniques.

En pages consultées par personne, Facebook domine encore plus l'internet français avec 402 pages vues contre 200 pour les sites de jeu (à l'exception notable de distrigame.com qui totalise 457 pages vues par personne), environ 50 pages pour les sites pornos et environ 20 pages pour 20 Minutes ou Le Monde. Est-ce un signe des temps, le site viedemerde.fr a une petite audience certes, mais chaque utilisateur y passe deux fois plus de temps (26 mn) et lit deux fois plus de pages (43) que sur un site de presse. Au moins, on sait où sont les internautes quand ils ne sont pas devant leurs chères études.