Le Mexique, tout petit exportateur de porc

Guillaume Guichard

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Réaction classique en cas de crise sanitaire: la suspension des échanges commerciaux. Le Mexique touché par la grippe porcine n'y échappe pas. La Chine a annoncé lundi matin qu'elle fermait ses portes à toute importation de porc en provenance des Etats-Unis et du Mexique. "Mais elle n'a aucun échange de porc vivant ou viande avec le Mexique!", fait remarquer Jan-Peter Vanferneij, économiste à l'Institut du porc (Ifip).

De fait, le Mexique exporte très peu de viande de porc. Et pas du tout vers l'Union européenne. En 2008, d'après les données de l'Ifip, ce pays a vendu 60.000 tonnes de porc au Japon, ce qui est très peu au regard des échanges internationaux mais suffit à faire de l'archipel le plus gros importateur de porc mexicain. Les Etats-Unis arrivent second, avec un volume importé de 5.680 tonnes. "C'est très peu", juge Jan-Peter Vanferneij. Surtout, le Mexique n'exporte aucun porc vivant, le plus à même de véhiculer le virus.

En revanche, les Etats-Unis, autre pays touché par la grippe porcine, exporte 8.000 tonnes de viande par mois vers l'Union européenne mais aucune bête vivante. Le danger de contamination par cette voie serait donc quasi-nul, sachant que, selon l'OMS, "il n'a pas été prouvé que la grippe porcine se transmette à l'homme lorsqu'il mange cette viande".