Grippe porcine: 205 millions de dollars mobilisés

J.J. avec AFP

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La Banque mondiale a annoncé dimanche qu'elle est prête à débourser 205 millions de dollars d'aides d'urgence pour aider le Mexique à lutter contre la menace de grippe porcine, qui a déjà fait 103 victimes dans le pays. Une première aide de 25 millions de dollars a été débloquée pour l'achat de médicaments, a-t-elle indiqué dans un communiqué de presse. Dans le même temps, l'institution internationale prépare un projet de 180 millions de dollars pour financer de manière rétroactive les mesures déjà prises par le gouvernement mexicain dans sa lutte contre la maladie.

Un total de 103 cas mortels provoqués par la grippe porcine ou suspects de l'être ont été enregistrés au Mexique, a annoncé le ministre de la Santé José Angel Cordova, dimanche soir à la télévision. Le nombre des malades mis en observation a augmenté lui aussi, à 1.614 contre 1.324 au précédent bilan, selon le ministre. "Les derniers rapports qui nous parviennent font état de 1.614 cas, dont 103 décès", a déclaré le ministre à la chaîne de télévision Televisa. "Quelque 400 patients sont hospitalisés", a-t-il ajouté.

La menace de la grippe porcine s'est étendue dimanche avec de nouveaux cas suspects détectés à travers le monde et un cri d'alarme de l'OMS, malgré le renforcement des mesures de précaution au Mexique. Les Etats-Unis, où vingt cas ont été décelés jusqu'ici, sans aucun décès, ont déclaré dimanche "l'état d'urgence sanitaire". Ils ont annoncé des dépistages sur les personnes qui se présenteraient aux frontières en provenance de pays touchés par le virus. Les autorités s'attendent à déceler de nouveaux cas.

Le Canada est touché, avec six cas confirmés, et plusieurs pays, dont la Nouvelle-Zélande, l'Australie la France, Israël, l'Espagne et le Brésil ont fait état de cas suspects. La Commission européenne a indiqué suivre "de très près" la situation. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui avait mis en garde contre le "potentiel pandémique" du virus, a prévenu dimanche que le nouveau virus pourrait évoluer et devenir "beaucoup plus dangereux".

L'OMS recommande "que tous les pays intensifient leur surveillance de tous les cas inhabituels de maladie ressemblant à une grippe ou à une grave pneumonie". Dans un communiqué, l'organisation a annoncé l'envoi d'une équipe d'experts pour travailler avec les autorités sanitaires mexicaines.

Au Mexique, foyer de l'épidémie, un décret présidentiel a durci les mesures: isolement des patients, droit des autorités à pénétrer "dans tout local", à contrôler voyageurs, bagages et marchandises. Alors que la maladie s'est propagée dans le pays uniquement par contacts humains, les autorités ont appelé à éviter les réunions publiques. L'Eglise catholique a annulé les messes de dimanche dans la capitale, et le cardinal de Mexico a célébré dans la cathédrale une messe à huis clos, retransmise par la télévision. Le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, a souligné que la capitale était maintenue en "alerte maximale". "Les jours qui viennent vont déterminer s'il est possible de contenir la progression de l'épidémie", a-t-il poursuivi, à la télévision.

Après la fermeture des écoles, lycées et universités fermés(jusqu'au 6 mai), théâtres et musées, le maire de Mexico a annoncé celle des deux grands zoos municipaux. La municipalité va s'assurer de la fermeture des bars de nuit et discothèques, et les tribunaux de Mexico ne siègeront pas la semaine prochaine, a-t-il précisé. Les deux rencontres de football de première division de football sont programmées à huis clos. L'aéroport de la capitale reste ouvert et des équipes médicales y sont en place. Les passagers sont soumis à un questionnaire à l'arrivée et au départ.

Les autorités mexicaines ont assuré disposer de stocks suffisants de médicament antiviral efficace, préféré à une vaccination massive initialement envisagée. Les ambassades étrangères disposent elles aussi de stocks, indique-t-on dans les milieux diplomatiques. Mexico avait déjà indiqué disposer d'une réserve spéciale de 450 millions de dollars.

En Asie, de nombreux pays ont commencé à prendre des mesures de précaution, comme le Japon et Hong Kong, tandis que la Chine a annoncé l'arrêt des importations de viande porcine en provenance du Mexique. La Russie a mis en place une commission de prévention contre la propagation de la grippe et vérifie tous les vols provenant du Mexique et des Etats-Unis.

Plusieurs pays latino-américains ont décrété l'alerte sanitaire ou annoncé des mesures préventives. A Bogota, des examens médicaux ont été pratiqués sur cinq voyageurs provenant du Mexique et présentant des symptômes.