Le tourisme mexicain affecté par la grippe porcine

Delphine Halgand

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L'activité touristique au Mexique risque de ralentir fortement. Face au risque de grippe porcine, les gouvernements ont appelé les voyageurs à destination de ce pays à la prudence. Le premier voyagiste allemand TUI a, pour sa part, décidé lundi 27 avril d'éviter jusqu'au 4 mai inclus toute visite de la ville de Mexico et d'offrir à tous les voyageurs en partance pour le Mexique des changements de destination. Aucune compagnie aérienne n'a pour l'instant annulé de vols pour ce pays d'Amérique centrale.

Les transporteurs américains et latino-américains devraient être fortement touchés par les rétractations de voyageurs. Le Mexique est en effet un lieu de villégiature particulièrement prisé par les touristes en provenance des Etats-Unis et du Canada. Les compagnies européennes seront également touchées. L'espagnole Iberia en tête, suivent ensuite British Airways, l'allemande Lufthansa et Air France-KLM.

Au-delà de l'impact sur les compagnies aériennes, la peur de la pandémie risque avant tout de pénaliser le tourisme dans le pays. Le tourisme international devait déjà stagner voire décliner en 2009 dans le contexte de la crise économique, d'après l'Organisation mondiale du tourisme. Alors la grippe porcine ne survient pas au meilleur moment pour l'économie touristique mexicaine.

L'activité touristique mexicaine représente pas moins de 9% du PIB national, selon l'OCDE et emploierait près de 2 millions de personnes. Le pays se place à la 14e place des destinations touristiques mondiales.

Le Mexique, deuxième puissance économique d'Amérique latine après le Brésil et 13éme économie mondiale, a réalisé ces dernières années des efforts "pour réduire sa vulnérabilité interne et externe en s'appuyant sur la conduite de politiques macro-économiques prudentes et une gestion avisée de la dette", estime la mission économique de l'ambassade de France au Mexique dans sa dernière fiche de synthèse.

Le Mexique garde des caractéristiques d'un pays en développement. Les "20% des 106 millions de Mexicains les plus pauvres ne perçoivent que 4% des revenus globaux, alors que 20% des plus riches en accaparent 56%". Le pays dépend également fortement des Etats-Unis, qui drainent 80% des exportations mexicaines. Elles proviennent plus particulièrement de l'industrie d'assemblage, génèrent 46% des investissements étrangers et procurent 25,1 milliards de dollars de transferts des émigrés.

Le pétrole est un autre pilier de la stabilité financière du pays. En 2008, les revenus pétroliers ont représenté 44% des recettes budgétaires et 17% des exportations. "Cette manne pétrolière est sous la menace d'extinction d'ici 9 ans si de nouveaux gisements ne sont mis en exploitation, ce qui nécessite de coûteux investissements", explique la note. Les Mexicains n'avaient décidément pas besoin de ce fléau.