Les smallcaps retrouvent des couleurs

Jocelyn Jovène

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Depuis le début de l'année, les PME cotées - petites capitalisations boursières ou "smallcaps" - ont apparemment retrouvé les faveurs de la Bourse. Certains courtiers estiment même qu'il est temps de s'y intéresser à nouveau, sans toutefois oublier de rappeler qu'il s'agit souvent de titres peu liquides, donc plus risqués que les grandes capitalisations boursières comme Total, Vivendi ou GDF Suez.

Selon une étude d'UBS publiée début avril, les petites capitalisations boursières -inférieure à 1,5 milliard de dollars- se traitaient avec une décote de 30% sur leur valeur net comptable (leur "richesse" comptable), tout en offrant un rendement du dividende de 3,6% (soit sensiblement plus que le livret A). Cela signifie notamment que le marché n'anticipe pas de croissance des résultats pour ces sociétés.

Les analystes d'UBS sont beaucoup plus pessimistes sur l'évolution des résultats que d'autres analystes. Ils prévoient ainsi un repli de 19% des résultats des petites valeurs cette année, quand le "consensus" du marché prévoit toujours une progression de 37,4% des bénéfices. Mais ils estiment aussi que le marché a déjà largement pris en compte le risque d'une chute des résultats.

"Le consensus n'a pas fini de revoir à la baisse ses estimations de résultats, mais que cela est déjà bien intégré par le marché. En moyenne, la baisse des résultats au cours des quatre derniers cycles a été de 35% en général, contre une baisse attendue par UBS de 58% pour les valeurs moyennes et de 37% pour les "smallcaps". Sur la base des valorisations calculées par les analystes de la banque, les petites et moyennes valeurs présentaient début avril un potentiel de hausse de 30%. Un sentiment partagé en France par les analystes de Gilbert Dupont, un courtier spécialiste des petites valeurs françaises.

Les professionnels d'UBS ne sont visiblement pas trop trompés. En France, l'indice Small 90, qui représente les petites "capi", a bondi de 12,1% depuis le 1er janvier. L'indice représentant les valeurs moyennes gagne 3,8%. Dans le même temps, le CAC 40 recule de 5,6%. Reste à savoir si ce rebond sera durable. Certains observateurs en doutaient, estimant que la hausse des Bourses est actuellement alimentée par des investisseurs ayant un horizon de court terme.

L'un des déclencheurs d'un rebond durable des valeurs petites et moyennes sera un renversement des indicateurs avancés, selon UBS. Un débat qui renvoie à la forme de la récession actuelle de l'économie mondiale et des modalités de sortie de crise.