Réforme de l'hôpital: la mobilisation se poursuit

T.V avec AFP

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Pour la deuxième fois, les personnels et médecins des hôpitaux ont défilé, jeudi 14 mai, à Paris et dans une trentaine de villes, dont Lyon et Marseille, dans le cadre de la journée nationale contre le projet de loi Bachelot et pour la "défense du service public hospitalier". Selon les chiffres respectifs de la police et des syndicats, entre 3.200 et 14.000 salariés et médecins des hôpitaux sont descendus dans la rue alors que la précédente manifestation avait mobilisé entre 8.000 et 20.000 personnes à Paris.

Médecins et personnels hospitaliers, réunis notamment autour du Mouvement de Défense de l'Hôpital public (MDHP), expriment des revendications communes contre "l'hôpital-entreprise", que le projet renforce selon eux.

Mobilisation des médecins libéraux

Les médecins hospitaliers ont reçu le soutien de leurs collègues libéraux, dont le principal syndicat, la CSMF, sans appeler à manifester, appelait à une "grève à la japonaise" (fermetures de cabinets, soins gratuits ou encore distribution de tracts). Leur mécontentement ne vise toutefois pas les mêmes chapitres du projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, territoires" (HPST). Il porte sur des questions comme les limites à la liberté d'installation pour lutter contre les déserts médicaux.

Nouvelle gouvernance

Le personnel de l'hôpital public a déjà obtenu des concessions de l'exécutif sur le projet de loi. Lundi, le chef de l'Etat a annoncé que le gouvernement allait modifier le mode de gouvernance des hôpitaux en y faisant une plus grande place aux médecins, par des amendements déposés à l'occasion de l'examen du projet de loi. Selon le nouveau schéma proposé par la commission Marescaux, les directeurs des Centres hospitaliers universitaires (CHU) seront désormais entourés, au sein d'un directoire, du président de la communauté médicale d'établissement (CME, choisi par les médecins), du doyen de la faculté de médecine et d'un représentant du secteur de la recherche.

La volonté du gouvernement de faire du directeur le "seul patron" de l'hôpital alimente la grogne de la communauté médicale contre la réforme. Nicolas Sarkozy a défendu une nouvelle fois mardi le rôle du directeur comme "responsable" de l'hôpital, se refusant toutefois à utiliser le mot de "patron". "Il faut qu'à l'hôpital il y ait un responsable (...) il faut quelqu'un qui puisse assurer la gestion", a-t-il insisté.

Procédure d'urgence

Mais le Mouvement de défense de l'Hôpital public (MDHP), qui fédère des représentants des médecins hospitaliers, a décidé de maintenir la pression jugeant que les concessions du gouvernement demeuraient insuffisantes. Il demande de lever la procédure d’urgence parlementaire sur le texte HPST (une seule lecture dans les deux chambres). Ce qui semble en bonne voie.

Les sénateurs, qui ont commencé mardi l'examen du texte, ont de leur côté manifesté leur intention de modifier le texte en profondeur. Selon Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée Nationale, Nicolas Sarkozy et François Fillon sont d'accord pour une nouvelle lecture du texte sur l'hôpital à l'Assemblée si le Sénat le "modifiait considérablement". C'est-à-dire si les modifications introduites par le Sénat rendaient la nouvelle version du texte incompatibles les versions du texte.