Bon cru 2008 pour la Banque de France

Julien Beauvieux

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Portés par la demande de liquidité accrue des banques françaises, les bénéfices de la Banque de France ont atteint un plus haut historique en 2008, à 2,5 milliards d'euros, permettant à l'institution de verser plus de 3,3 milliards d'impôts et de dividendes à l'Etat.

La Banque de France a enregistré l'an dernier un résultat d'exploitation courant de 4,2 milliards d'euros (+10%). Cette forte progression "résulte de la hausse des résultats financiers et de la maîtrise des charges d'exploitation", a déclaré le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer au cours d'une conférence de presse.

"Les encours de placements rémunérés de la banque ont augmenté en lien avec la croissance de la circulation fiduciaire" et notamment une "demande de billets accrue au moment de l'aggravation de la crise financière", a expliqué Christian Noyer.

Avec le développement de la crise financière, les banques commerciales ont été de plus en plus réticentes à se prêter entre-elles, ce qui a conduit les différentes antennes nationales de la Banque centrale européenne à inonder le marché en liquidités. Octroyés aux banques contre la fourniture d'un "collatéral", c'est-à-dire une garantie sous forme de titres financiers d'une certaine qualité, ces prêts sont venus gonfler le résultat financier de la Banque de France. Au total, ce sont en moyenne 17 milliards d'euros supplémentaires qui ont été placés par l'institution en 2008, portant à 6,2 milliards d'euros le revenu net d'intérêt de la Banque de France.

Ces opérations ont augmenté le bilan de l'institution. Ce dernier a ainsi grimpé de 60% à 550 milliards d'euros. La banque a par ailleurs cédé l'an dernier 103 tonnes d'or, ce qui lui a rapporté 2 milliards d'euros qui ont également été placés.

Une activité lucrative qui comporte néanmoins un risque de contrepartie. La Banque de France a ainsi dû passer une provision de 1,2 milliard d'euros pour "couvrir les risques résultant d'opérations de politique monétaire", a ajouté le gouverneur de l'institution.

Côté charges, l'institution a poursuivi son programme de maîtrise des coûts avec la suppression de 135 postes équivalent temps plein (ETP). La Banque de France a ainsi réduit ses effectifs de 18% sur les cinq dernières années, qui se sont établis en moyenne en 2008 à 12.856 postes en équivalent temps plein.

Après règlement de 1,5 milliard d'euros d'impôts sur les sociétés, le bénéfice net de la Banque de France s'est établi à 2,5 milliards, en hausse de 6%. L'institution a décidé de versé un dividende de 1,8 milliard d'euros (+8%), qui ne peut pas faire de mal au budget de l'Etat, a jugé Christian Noyer.