Les "stress tests" livrent leurs premiers éléments

Julien Beauvieux

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Les tests de résistance auxquels sont soumis les principaux établissements de Wall Street vont livrer leurs premiers résultats, sous la forme d'une note méthodologique, jeudi 24 avril prochain.

Annoncés le 11 février dernier, ces "stress tests" sont censés fournir à l'administration Obama des indications sur la capacité de résistance des "fleurons" de la finance américaine en cas de profonde dégradation de l'économie nationale. Le scénario le plus pessimiste, dévoilé fin mars, table sur une nouvelle baisse de 22% des prix immobiliers, un taux de chômage de 10,3% et une baisse du PIB de 3,3% en 2009.

Selon les résultats obtenus de ces tests, les établissements fragiles auront 6 mois pour faire appel à des capitaux privés pour se renflouer. En cas d'échec, le gouvernement pourra à la fin de cette période décider d'injecter des capitaux sous la forme d'actions préférentielles, selon un schéma similaire à TARP. Parallèlement, les banques américaines pourront également se défaire de leurs actifs toxiques en les cédant à des fonds mêlant capitaux privés et publics.

Si les résultats définitifs des tests ne sont pas attendus avant le 4 mai prochain, la note méthodologique vise dans l'immédiat à offrir du "grain à moudre" aux observateurs du secteur financier, qui trépignent d'impatience.

Nombreux sont ceux qui spéculent sur les établissements qui pourraient avoir à se recapitaliser, et sur l'ampleur des montants concernés. Afin d'entretenir la confidentialité des résultats, le secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, a déclaré que le gouvernement n'aurait peut-être pas besoin de fonds supplémentaires pour recapitaliser les établissements dans le besoin, sous-entendant que l'effort restant à accomplir est minime. Lawrence Summers, le conseiller économique d'Obama, a de son côté estimé que "le premier recours viendrait des marchés de capitaux privés". Une manière de calmer le jeu.

Le Trésor, qui mise pour l'instant sur les fonds restants dans l'enveloppe TARP pour d'éventuels renflouements publics, a en effet indiqué mercredi 15 avril qu'il ne restait "que" 134,5 milliards de dollars sur les 700 milliards alloués en octobre dernier. De quoi alimenter la thèse d'un nouvel appel au Congrès pour augmenter les fonds à la disposition de l'administration Obama. Mais il faudra alors en découdre avec les élus du peuple, qui sont de plus en plus réticents à l'idée d'une nouvelle facture de plusieurs centaines milliards de dollars.