L'intérêt pour Google de gazouiller sur Twitter

— 

L'acquisition de Twitter par Google n'est pas officielle, mais voici pourquoi elle aurait du sens pour chacun des partenaires.

Pour Google d'abord:

1. Le prix. Twitter est aujourd'hui valorisé à 250 millions de dollars sur la base du dernier tour de financement. Même avec la prime obligatoire dans ce genre de deal, ce n'est pas si cher pour une entreprise qui fait plus de 4 milliards de dollars par an de résultat. Il y a encore quelques mois Facebook était prêt à payer deux fois plus. Google a les moyens, ce sera l'épaisseur du trait dans son compte d'exploitation dans la mesure où une bonne partie de la transaction, si elle se concrétise, sera payée en actions. Au contraire de Facebook, Twitter ne coûte pas très cher à faire fonctionner. Si Google l'intègre, Twitter n'utilisera qu'une partie infime de son infrastructure.

2. L'occasion. Google ne peut se permettre de voir un Microsoft (qui a les liquidités nécessaires, contrairement à Facebook aujourd'hui) de mettre la main sur Twitter. Donc, s'il se confirme que les enchères sont ouvertes, Google en sera à coup sûr. Et les emportera.

3. L'audience. Environ 5 millions d'utilisateurs, une croissance exponentielle, ça se regarde pour Google. Le géant de la recherche et de la pub trouvera sans problème de quoi monétiser cette audience. Il pourra même trouver des rapprochements avec You Tube sur lequel, chaque minute qui passe, 15 heures de vidéo sont ajoutées. Twitter pourrait constituer le "liant" qui manque à cette formidable base d'archives vidéo.

4. Twitter a montré des velléités d'incursion sur le domaine de Google à savoir la recherche sur le net. En Juillet dernier, Twitter avait acquis le moteur de recherche Summize pour en faire un instrument très efficace pour trouver les "twitts" pertinents (voir search.twitter.com). Google ne pouvait laisser faire sans réagir.

L'intérêt pour Twitter:

1. La monétisation. Depuis un moment, Twitter s'interrogeait sur le moyen de gagner de l'argent. Récemment, il avait donc envisagé de vendre une sorte de service Premium aux entreprises. Pas mal sans doute, mais avec Google, les opportunités seraient bien plus vastes.

2. La pression des financiers. Il y a cinq ans, Twitter se serait introduit au Nasdaq en fanfare. Il aurait utilisé son propre système pour faire la promotion de son IPO (Initial Public Offering). Aujourd'hui, le marché des IPO est à sec et le seul débouché pour les capitaux-risqueurs et l'acquisition par un "gros". Et Google est considéré comme le plus enviable des acquéreurs.

3. La culture. Celle de Twitter semble plus compatible avec un Google, qu'avec un Microsoft ou même un Facebook où l'ambiance est un rien tendue. Elément important : les deux firmes savent où elles mettent les pieds ; l'un des deux fondateurs de Twitter, Evan Williams a déjà vendu une entreprise à Google il y a cinq ans, il s'agissait de Blogger, une plate-forme utilisée par 30 millions de personnes.