"Un plan de relance d'une ampleur jamais observée"

Propos recueillis par Guillaume Guichard

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Verbatim - Olivier Bouba-Olga, blogueur, maitre de conférences à la Faculté de sciences économiques de Poitiers et à Sciences Po Paris.

"L'enveloppe de 1.100 milliards pour le FMI, c'est du jamais vu! La mise en œuvre de ces moyens considérables prouve une chose: l'inquiétude de nos dirigeants est au moins aussi grande que celle des populations. C'est-à-dire qu'ils ont tous pris conscience que nous vivons une crise profonde et durable et qu'un pays ne peut pas se permettre de faire cavalier seul. Enfin, si l'impact de ces enveloppes record peut être discuté, puisque cela va dépendre de la manière dont elles seront dépensées, toutes ces annonces auront tout au moins un effet psychologique.

Maintenant, il va falloir veiller à ce que les pays en développement, ceux qui ont le plus besoin d'aide, ne soient pas laissés de côté et bénéficient aussi de ces milliards. Or, les pays riches, qui ont -encore- un poids prédominant dans les institutions internationales, pourraient obtenir des aides très importantes et en priver ainsi les pays pauvres.

Concernant les 250 milliards de dollars pour relancer le commerce mondial, je reste prudent. A l'échelle internationale, pas un chef d'Etat ne va prôner le protectionnisme. Mais quand ils rentrent chez eux, ils annoncent des mesures favorisant l'économie nationale. Prenez Gordon Brown, hôte du G20: il a affirmé qu'il fallait créer des emplois britanniques pour les britanniques. Idem pour Obama: il avait annoncé qu'il voulait limiter les importations d'acier afin de favoriser la sidérurgie américaine. Si ce n'est pas un discours protectionniste!"