Stabilisation en vue?

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La situation économique ne s'arrange pas. Elle ne cesse de se détériorer. Mais quelques signes, quelques indicateurs économiques montrent que "les choses sont un peu moins mauvaises ces derniers mois que ce qui était le cas il y a deux ou trois mois", a déclaré le gouverneur de la Banque de France (BdF) Christian Noyer sur RTL mardi 21 avril. Pour lui, "quand on met ensemble tous les indicateurs que nous avons -l'activité économique, le commerce de détail, les chiffres industrie, services- et qu'on calcule ce que doivent donner tous les plans de relance (...), on a de bonnes raisons de penser que nous devrions avoir une économie qui se stabilise vers la fin de l'année et une reprise en 2010", a-t-il ajouté.

Même analyse pour Laurence Parisot, la présidente du Medef qui voit des "micro-signes positifs" pour l'économie mondiale comme par exemple le "redressement du moral des promoteurs américains" ou "le rebond des perspectives des industriels allemands depuis janvier 2009". "Toute la question est de savoir quand a commencé la crise. Nous sommes nombreux à penser qu'elle a commencé en 2007", a-t-elle ajouté lors de son point presse mensuel mardi 21 avril, estimant que face à une telle crise bancaire, il faudrait au moins deux ans avant de voir un retour à la normale.

Mais, a-t-elle ajouté, "il faut intégrer l'idée qu'on ne retrouvera les rythmes de croissance" connus avant la crise "que si on est capables d'inventer de nouveaux secteurs d'activité, de nouveaux produits, de nouveaux services". Pour elle, "se contenter de ce qui a marché ces 10-15 dernières années ne suffira pas". "Si l'on a atteint un plancher, il va se passer longtemps avant que les Français sentent que cette crise n'est plus qu'un mauvais souvenir", a-t-elle aussi prévenu.

Interrogé début mars par le New York Times sur la récession américaine, Alan Blinder, professeur d’économie à l’université de Princeton, remarquait que "la triste vérité, c’est que nul ne sait quand cette récession prendra fin". S'il "présume que la croissance reprendra au dernier trimestre 2009", c'est à la condition que de nouveaux problèmes n'émergent pas. Et "malheureusement, ils ne cessent de pleuvoir depuis quelque temps". Pour l'instant, on parle toujours de récession en U. Si de nouveaux problèmes apparaissent, la récession américaine pourrait prendre la forme d'un L, comme le pensent les économistes de l'OFCE. Ce qui serait une mauvaise nouvelle pour l'économie mondiale.

Sur la prévision de croissance du gouvernement français pour 2009, qui table sur -1,5%, Christian Noyer a estimé sur RTL que "la moyenne des économistes qui situent la baisse du PIB autour de 2,5% est probablement la meilleure prévision que l'on peut faire aujourd'hui, mais ce n'est pas une vérité absolue". Pour autant, il juge trop pessimistes les prévisions de l'OCDE ou le FMI qui tablent sur une baisse supérieure à 3%. Concernant une éventuelle révision à la baisse de cette prévision, "le gouvernement verra à quel moment il peut le faire", s'est contenté de déclarer Christian Noyer, sans vouloir dire si cela était nécessaire.