GM bientôt scindé

A.-S. G. avec AFP

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Les rumeurs se font plus pressantes autour de General Motors alors qu'il ne lui reste plus que deux mois pour proposer un plan de restructuration. Même le gouvernement ne miserait pas sur le succès de la renégociation de sa dette (31 milliards de dollars) avec ses créanciers et aurait demandé au constructeur de se préparer à la mise sous chapitre 11, selon le New York Times.

Le Wall Street Journal avait rapporté jeudi 9 avril que GM allait formuler aux détenteurs de ses obligations une nouvelle proposition pour restructurer sa dette, moins avantageuse que la précédente. Pour les analystes de JPMorgan Chase, des exigences accrues envers les créanciers obligataires seraient cohérentes avec les déclarations de l'équipe de la Maison Blanche réclamant à GM d'aller plus loin dans la restructuration de sa dette que ne l'exigeait l'ancien secrétaire au Trésor Henry Paulson. "Ces nouvelles informations nous font penser qu'un dépôt de bilan est plus probable", estiment-ils. Deux éléments jouent en faveur de cette option, selon eux: le fait que le nouveau PDG Fritz Henderson n'y soit pas opposé, et le fait qu'une autre solution n'est pas envisageable au vu des finances du groupe.

L'agence de notation Standard and Poor's a de son côté maintenu sa recommandation de "vendre" l'action GM. "Nous continuons de tabler sur le fait que tout plan non ordonné par un tribunal inclurait une dilution importante des parts des actionnaires actuels, puisque les autres parties-prenantes sont susceptibles de recevoir des actions" pour solder les engagements de GM à leur égard, ont estimé les analystes de S&P.

Une fois la mise sous le chapitre 11actée, le plan imaginé par le gouvernement Obama serait la scission pure et simple de GM entre une branche saine et une branche regroupant les actifs moins rentables. Le GM sain "ne resterait que quinze jours sous la protection des faillites, grâce à une nouvelle injection de l'Etat, à hauteur de 5 à 7 milliards de dollars", précise le New York Times. "L'autre société -détenant les usines et autres actifs non rentables- devra être liquidée, ce qui aurait potentiellement un coût de 70 milliards de dollars pour le gouvernement", ajoute le quotidien.

La faillite imminente de GM, a pesé sur le titre. Il s'est effondré de 18,09% lundi 13 avril à la Bourse de New York.