Bruxelles juge les tarifs mobiles trop élevés en France

G. G. avec AFP

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Les Français payent de trop lourdes factures de téléphone mobile, d'après la Commission européenne. Après le plaidoyer d'Orange vantant la saine concurrence régnant sur le marché des télécoms, Bruxelles a publié un rapport jugeant les tarifs de la téléphonie mobile trop élevés dans l'Hexagone. "Un consommateur français faisant un usage moyen de son téléphone portable paie la seconde facture mensuelle la plus élevée dans l'UE, juste en-dessous de 30 euros", contre un peu moins de 20 euros en moyenne dans l'UE, souligne la Commission dans ce rapport publié mercredi 25 mars. Seuls les Espagnols payent une facture plus élevée.

La situation de la France a en fait moins bien évolué que dans le reste de l'Europe, fait remarquer Bruxelles. En 2007, elle était encore au quatrième rang, derrière Malte, l'Espagne et l'Irlande. "Le marché de la téléphonie mobile n'a pas fait preuve du même dynamisme que le haut débit" dans la téléphonie fixe, souligne la Commission. En 2008, le taux de pénétration des services de téléphonie mobile en France a ainsi été bien en dessous de la moyenne européenne, de 88,4% contre 119% au niveau européen en octobre, indique-t-elle.

"Les prix ont baissé mais restent élevés pour les consommateurs", poursuit Bruxelles, qui remarque que "les parts de marché des opérateurs n'ont pas beaucoup changé en 2008" et que "les opérateurs virtuels font face à des conditions restrictives qui rendent difficile pour eux d'être concurrentiels". "L'arrivée d'un quatrième opérateur mobile pourrait contribuer à améliorer la concurrence et le choix pour les consommateurs", estime Bruxelles. Une quatrième licence mobile devrait être attribuée avant l'été, a promis le gouvernement français.

L'arrivée d'un quatrième opérateur mobile devrait dynamiser les offres commerciales en direction des clients. Mais aussi offrir aux opérateurs mobiles virtuels (MVNO) la possibilité de négocier avec lui de meilleures conditions commerciales. En France, les 15 opérateurs virtuels -qui ne possèdent pas de réseau mais achètent des minutes en gros à SFR, Orange (France Télécom) et Bouygues Telecom- se partagent péniblement 5% du marché, contre 25% en Allemagne, 15% au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.