Saisie d'une villa de Madoff à Palm Beach

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La police fédérale américaine (FBI) a procédé à la saisie d'une villa de Bernard Madoff à Palm Beach (Floride, sud-est), d'une valeur de 9,4 millions de dollars, a indiqué jeudi à l'AFP un porte-parole de la police. Cette saisie a été effectuée mercredi dans le cadre d'une opération ordonnée par la justice fédérale et visant à récupérer le plus d'actifs possibles du financier américain déchu, accusé d'une fraude portant selon ses propres estimations sur 50 milliards de dollars.

Le même jour, la police financière avait arraisonné deux yachts dans un mouillage de Floride, le "Bull", de 16,8 mètres de long, et le "Little Bull", un bateau de plaisance plus petit. Un troisième yacht, le "Sitting Bull", de 11,5 mètres, a été saisi jeudi à Montauk, à la pointe de Long Island (est de New York), selon de nouveaux documents publiés par le parquet à New York jeudi.

Après avoir saisi les deux bateaux, les agents ont mis le cap sur une villa de cinq pièces, située dans la station balnéaire huppée de Palm Beach, munis d'un avis de saisie. Ils ont commencé à faire l'inventaire et à saisir les biens qui s'y trouvaient, selon le procureur Lev Dassin, qui remercie dans les documents la police de Floride et le FBI. Une Mercedes, qui se trouvait dans le garage de la villa, a également été mise sous séquestre.

Ces opérations de saisie de biens de Bernard Madoff ou de son épouse Ruth ont été ordonnées par le tribunal qui juge l'escroc à New York, pour tenter de rembourser les milliers d'investisseurs grugés à travers le monde. Mais, même en additionnant aux biens saisis ces jours-ci, ceux qui l'ont déjà été ou vont l'être, comme l'appartement de New York où vit encore Ruth Madoff, estimé 7 millions de dollars, une maison et un anneau de mouillage au Cap d'Antibes (sud de la France), des bijoux et même des prêts consentis par les Madoff à leurs fils pour 31 millions de dollars, les enquêteurs n'ont réussi jusqu'à présent à trouver qu'un milliard de dollars.

Bernard Madoff, 70 ans, a plaidé coupable et est incarcéré depuis le 12 mars. Arrêté le 11 décembre, il a avoué avoir orchestré pendant des décennies une gigantesque fraude et n'avoir jamais investi les milliards de dollars qui lui ont été confiés. Sa peine doit être prononcée le 16 juin. Il risque jusqu'à 150 ans de prison.