Bernanke se dit "optimiste"

Julien Beauvieux

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Le président de la Fed, Ben Bernanke, veut croire que l'économie américaine est proche de se stabiliser. Il a réaffirmé la capacité de ses équipes à éviter le piège de l'inflation provoquée par les mesures "quantitatives", destinées à éviter le spectre de la déflation.

Dans un discours distribué à l'avance, le président de la Fed a noté des "signes timides que le profond déclin de l'activité est en train de ralentir", notamment dans les ventes immobilières, la construction et les dépenses de consommation. "Une stabilisation de l'activité économique est le premier pas vers le redémarrage de la croissance", a-t-il expliqué.

Ben Bernanke s'est dit "fondamentalement optimiste quant à [l'état] de l'économie" américaine. Il a admis que "les conditions économiques actuelles sont difficiles, mais que les fondations de notre économie sont solides et qu'aucun problème ne résiste à la perspicacité, à la patience et à la persévérance".

La majeure partie du discours a en outre été consacrée à des thèmes abordés ces derniers mois, comme la relance du crédit. Il a également justifié le sauvetage de l'assureur AIG, et l'abandon de la banque Lehman Brothers.

Le président de la Fed s'est par ailleurs engagé à ne pas laisser la forte croissance de l'offre de monnaie déraper en pressions inflationnistes. "Je peux vous assurer que nos responsables de politique monétaire sont très attentifs à retirer en temps voulu l'extraordinaire soutien offert à notre économie".

Les remarques de Ben Bernanke sont intervenues peu avant la publication des statistiques de ventes de détail américaines pour le mois de mars, qui sont ressorties en baisse de 1,1% après une hausse de 1,8% en janvier et de 0,3% en février. "Après 5 mois de restrictions et avec le coup de pouce des transferts de revenus importants, les ménages avaient augmenté leurs dépenses en janvier et en février. Au mois de mars, le retour à la réalité est brutal. A l'exception des biens alimentaires et des boissons, tous les postes de dépense reculent", commente Philippe Waechter, directeur de la Recherche économique à Natixis Asset Management.