Moins d'un million d'embauches

E24 avec AFP

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Les intentions d'embauches, permanentes ou temporaires, devraient chuter de 23,8% cette année en France et tomber sous la barre du million pour la première fois depuis le début, en 2002, de l'enquête annuelle sur les besoins de main d'oeuvre, a annoncé vendredi 10 avril Pôle emploi.

Après deux ans de hausse, les projets de recrutement dans les entreprises vont se contracter "fortement" en 2009 pour tomber à 989.400 dans 379 bassins d'emploi de métropole et des DOM, niveau le plus bas depuis le lancement de cette enquête auprès des entreprises affiliées à l'assurance chômage (1,55 million). Plus du quart de ces intentions d'embauche (hors intérim) sont liées à une activité saisonnière (+3,6 points sur un an).

Seulement 16,9% des employeurs envisagent de recruter contre 23,4% en 2008, la chute des intentions d'embauche concernant les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. "Cette enquête auprès des entreprises a été réalisée en novembre et décembre 2008, époque où la crise économique apparaissait avec beaucoup de force", a observé devant la presse le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, rappelant que les intentions d'embauche ne se concrétisent pas forcément. Les résultats sont issus des réponses de 376.000 entreprises interrogées sur leurs besoins en main d'oeuvre cette année.

Seules deux intentions d'embauche sur dix en moyenne devraient profiter à des chômeurs ou des inactifs. Quatre sur dix correspondent à des transferts de salariés au sein d'une même entreprise, trois sur dix à des salariés changeant d'entreprise sans changer de métier. Une sur dix permet à un jeune de décrocher son premier emploi.

Malgré une baisse (-13%) des intentions d'embauche, les métiers de la vente, du tourisme et des services sont toujours les plus recherchés, avec près de 400.000 projets de recrutement, notamment pour les services aux particuliers. L'hôtellerie-restauration sera même le "premier recruteur national" (17% des projets de recrutements en 2009), selon Pôle emploi. Les métiers du secteur social et médico-social, en particulier les aides-soignants et infirmières, se situent aussi parmi les moins touchés par le recul des besoins de main d'oeuvre.

Parmi les 15 métiers les plus recherchés, arrivent en tête des emplois plutôt moins qualifiés et avec plus de saisonniers que la moyenne: serveurs, animateurs socio-culturels, agents d'entretien ou caissiers... Les ingénieurs et cadres informatiques se classent cependant au sixième rang.

A l'inverse, les postes d'ouvriers de l'industrie manufacturière et du BTP connaissent un recul "énorme", proche de -50% sur un an, a noté le directeur des statistiques et enquêtes de Pôle emploi, Bernard Ernst. La chute des projets de recrutement n'est pas uniforme: l'Ile-de-France et le Languedoc-Roussillon sont dans les moins touchés, tandis que la Haute-Normandie, la Picardie, la Lorraine, Poitou-Charentes et le Limousin subissent la chute la plus marquée.

"Conséquence logique", les difficultés à recruter diminuent (43,2% contre 51,1% en 2008), mais les embauches restent délicates dans le BTP et l'industrie ainsi que dans des métiers comme les aides-soignants. Pour les maçons qualifiés, toujours en tête des métiers les plus durs à pourvoir, il est même "impossible d'en trouver dans 112 bassins d'emploi", selon Bernard Ernst.