L'immobilier espagnol est devenu un cauchemar

— 

Des villes fantômes, des grues à l'arrêt, la chute des ventes de logements... En Espagne, la bulle immobilière des 15 dernières années a éclaté avec autant de force qu'elle avait gonflée. L'Espagne a été marquée par des années de constructions effrénées de logements: environ 800.000 par an soit deux fois plus qu'en France. Les ménages n'hésitaient pas non plus à spéculer sur la hausse du marché en achetant une à deux maisons secondaires pour les revendre. 88% des espagnols sont propriétaires mais, aujourd'hui, les transactions immobilières s'effondrent.

En 2008, les ventes de logements neufs ont chuté de 32,6%, selon les chiffres du ministère du logement présentés le 5 mars. La baisse est encore plus forte dans le secteur des logements anciens, avec un repli de 45,6%, selon le site internet du ministère. En un an, le délai moyen d’écoulement d'un bilen est passé de 11 mois à plus de 21 mois pour les immeubles et à plus de 20 mois pour l’individuel.

La hausse continue des prix des logements neufs et anciens depuis 1995 s'est brutalement retournée avec la crise, même si un ralentissement était observé depuis 2005. En asséchant le robinet du crédit, la crise financière internationale a transformé en crise immobilière sévère ce qui n'aurait dû être qu'un atterrissage en douceur, selon les experts.

Au premier trimestre 2007, les prix de l'ancien et du neuf progressaient encore de 13%. Au troisième trimestre 2008 avant que la crise financière ne prenne de l'ampleur, les prix tout confondu ont reculé de 3% en glissement annuel. L'ancien a le plus souffert avec une chute de 8,6% des prix entre juillet et septembre 2008 selon l'institut national de statistiques espagnoles. La région de la Catalogne, celle de Barcelone, a vu les pris reculer de 8,3% au dernier trimestre 2008. A Madrid, les prix ont cédé 7%. Au total, les prix ont perdu 3,2% en 2008, selon les statistiques officielles mais ces chiffres sont remis en cause par certains professionnels qui eux parlent d'une baisse de 8,8%.