C'est arrivé la semaine du 2 mars

Catherine Vincent

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Du sang froid! Crise oblige, cet été les Français prévoient de moins dépenser pour leur vacances qu'ils ne l'on fait l'an dernier. Deux solutions: s'incruster chez des amis ou de la famille ou encore trouver des voyages aux tarifs avantageux dans les pays dont la monnaie s'est dépréciée ces derniers mois. A moins que les 300 à 350.000 nouveaux chômeurs de 2009 ne trouvent, tout compte fait, plus raisonnable de rester à la maison…

Pour décompresser, ce n'est pas le mieux. Et sans repos, difficile de garder son sang froid comme le préconise François Fillon, qui nous prédit "une crise longue, une crise dure" étalée sur toute l'année 2009. Au moins. Et ce, à peine deux jours après un plongeon historique des Bourses mondiales déprimées par le secteur financier. Au déluge de mauvais indicateurs économiques en Europe (déficit de 103 milliards en 2009 pour la France, effondrement du marché automobile européen, etc.) se sont ajoutées des craintes croissantes pour la santé des groupes financiers, aggravées par la perte vertigineuse d'AIG et l'appel au marché de HSBC.

Deux jours de marasme pendant lesquels le CAC est resté en-deçà des 2.600 points. Et là, il en faut du sang froid! Les investisseurs ont finalement retrouvé le leur pendant une seule journée avant de faire retomber le CAC sous les 2.600 points. Ce jour de répit, le 4 mars, on le doit à la publication de bons résultats d'entreprises. Vinci s'en sort bien, Bouygues aussi, qui ne cèdera pas TF1, grâce à Alstom et aux télécoms. Ce qui ne signifie pas pour autant que l'ensemble du secteur des télécoms se porte bien. Par exemple, France Télécom, qui se rebaptisera Orange, a vu son bénéfice net fondre de 35% l'an dernier à 4,07 milliards d'euros. Pour faire face à la crise et attirer de nouveaux clients, l'entreprise a un nouveau mot d'ordre: sim-pli-fier.

C'est vrai qu'en temps de crise, la simplification a du bon. Par exemple: si l'accord en Guadeloupe avait pu simplifier la situation des guadeloupéens… Certes la grève est finie mais les problèmes de fond demeurent. L'Economie de l'île ne sortira pas indemne de la crise. Ah oui! Il ne faut pas oublier LA bonne nouvelle de la semaine, celle qui a surpris tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'économie: pour la première fois de son histoire Eurotunnel a versé un dividende à ses actionnaires. Comme quoi, même en temps de crise, tout peut arriver.