Économie

Face aux attaques, Orange réplique

Ces dernières semaines, France Télécom a essuyé un feu nourri de critiques de la part de ses concurrents et essaie de se défendre.

Attaques verbales, plaintes devant les tribunaux… Ces dernières semaines, France Télécom a essuyé un feu nourri de critiques de la part de ses concurrents parmi lesquels on compte Vivendi (SFR et Canal+) et Free. Mardi 24 mars, l'opérateur historique s'est placé en victime et a donc voulu "rétablir les faits" lors d'une conférence de presse. "Les dirigeants [des entreprises concurrentes, ndlr] travestissent violemment la réalité des faits à coup d'effets de manche et de formules à l'emporte-pièce et cela, nous ne pouvons pas l'accepter", a-t-il affirmé, insistant sur le fait que l'objectif n'était pas de "polémiquer, mais de rétablir la réalité d'un certain nombre de faits".

Et pour commencer, France Télécom a voulu démontrer aux journalistes qu'il ne se trouvait pas en situation d'abus de position dominante, alors que Vivendi (SFR) et Iliad ont déposé une plainte en ce sens auprès de la Commission européenne. Pour se défendre, France Télécom a... encensé la bonne santé de ses concurrents. "En terme de marge opérationnelle brute sur la téléphonie fixe, nos deux concurrents (SFR et Free, ndlr) sont devant nous!", a rappelé Louis-Pierre Wenes, directeur général adjoint de France Télécom. Afin de convaincre au mieux, il n'a aussi hésité à souligner qu'Orange avait perdu des parts de marché. Elles "sont passées de 49,6% à 43,6% dans le mobile entre 2002 et 2008 et de plus de 80% à 49,4% sur l'internet entre 2003 et 2008". De tels chiffres sont incompatibles avec un abus de position dominante, a sous-entendu, Louis-Pierre Wenes, le directeur général adjoint de France Télécom.

Autre argument en ce sens, les tarifs mensuels de dégroupage, qui sont "parmi les meilleurs en Europe", d'après Louis-Pierre Wenes. D'après les chiffres fournis par Orange lors de la conférence de presse, ils sont cependant, à 9,29 euros, légèrement supérieurs à la moyenne européenne.

Quant aux propos de Xavier Niel, le fondateur de Free qui a accusé France Télécom d'être un "délinquant multirécidiviste" dont la "dernière grosse innovation" remontait au minitel, Louis-Pierre Wenes a répondu en présentant une liste d'innovations "maison", des cartes prépayées (1997) à la télévision sur l'iPhone commercialisée à partir du 6 avril prochain. Par ailleurs, l'opérateur a annoncé vendredi qu'il portait plainte pour diffamation. Le temps des ententes entre opérateurs pour éviter toute concurrence trop rude semble bien révolu.