Wall Street plonge sous les 7.000 points

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Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Guère rassurés par la situation de l'industrie financière américaine, portée à bout de bras par l'administration, les Bourses américaines ont plongé lundi, entraînées par les mauvaises nouvelles sur AIG et l'augmentation de capital géante de la banque HSBC. L'indice Dow Jones Industrial Average a terminé la séance sous les 7.000 points, à 6.763,29 points, en baisse de 4,2%. Le Nasdaq recule lui de 4% à 1.322,85 points.

Depuis le début de l'année, l'indice Dow Jones Industrial Average a perdu plus de 20% et de plus de 50% depuis son niveau record d'octobre 2007. Il est à son plus bas depuis avril 1997.

Dans des volumes d'échanges étoffés, l'indice élargi Standard & Poor's 500, considéré comme plus représentatif, a frôlé les 700 points, chutant de 4,7% à 700,82 points et retrouvant ses niveaux de l'automne 1996.

Les valeurs financières ont encore mené la baisse. Bank of America a chuté de 8,1% à 3,63 dollars, JPMorgan Chase de 7,4% à 21,16 dollars et Wells Fargo de 10,4% à 10,84 dollars. Citigroup, dont le gouvernement détient 36% du capital, a cédé 20% à 1,20 dollar.

"Comme Warren Buffett l'a plutôt bien dit, l'économie américaine est en plein chaos", a résumé Anthony Conroy, opérateur sur le parquet de Wall Street pour BNY Convergex Group, cité par l'AFP. Dans sa dernière lettre à ses actionnaires, Buffett écrit: "En 2009, ce sera la pagaille". L'investisseur pense même que la crise pourrait durer au-delà de 2009, mais s'est dit optimiste sur la capacité de l'Amérique à sortir de cette crise, comme le pays en a fait la preuve par le passé.

Dès l'ouverture des marchés, les indices se sont enfoncés dès l'ouverture, alors que l'assureur AIG a accepté 30 milliards de dollars d'aides supplémentaires de l'Etat américain, qui cherche à éviter une faillite aux conséquences redoutables en épongeant des pertes qui frôlent les 100 milliards pour l'ensemble de 2008. Rien qu'au quatrième trimestre, AIG a enregistré une perte trimestrielle de 61,7 milliards de dollars, la pire dans l'histoire américaine.

La nouvelle que la banque britannique HSBC allait procéder à une augmentation de capital de 12,5 milliards de livres (14,1 milliards d'euros) après une chute de 70% de son bénéfice net a participé à la nervosité du marché.

"On assiste à une liquidation des titres, l'argent part se cacher dans l'or et le bon du Trésor à 10 ans", a indiqué Art Hogan, de Jefferies, à l'AFP, ajoutant que le flot de mauvaises nouvelles ne se tarissait pas. Après des mois de janvier et de février dans le rouge, le mois de mars à son tour fait place belle au scepticisme. De nouveaux indicateurs ont souligné la mauvaise santé du marché de l'immobilier, avec des dépenses de construction qui ont encore reculé en janvier, et de l'activité industrielle, qui s'est encore contractée en février, selon l'indice ISM des directeurs d'achats du secteur. La semaine va être à hauts risques, avec un calendrier de statistiques économiques chargé culminant vendredi avec le rapport mensuel sur l'emploi, pour lequel les économistes s'attendent au pire.

Les valeurs de l'industrie et des matériaux ont également pesé sur l'indice vedette: le fabricant d'engins mécaniques Caterpillar a perdu 9,9%, Boeing 6,1%, le conglomérat General Electric (également très actif dans la finance) 10,7% et le producteur d'aluminium Alcoa 11,9%. Le constructeur automobile General Motors (-10,7% à 2,01 dollars) a complété le tableau, à la veille de la publication des ventes de janvier.

Seul point positif de la journée, largement oublié par les investisseurs, les dépenses de consommation des ménages américains ont augmenté en janvier, de 0,6% par rapport à décembre, après six mois consécutifs de baisse.