Laurent Wauquiez pousse implicitement les salariés de Continental à porter plainte

J.B. avec AFP

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Le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez, a estimé jeudi 12 mars sur RMC que les salariés du fabricant de pneus allemand Continental à Clairoix (Oise) auront "raison" de porter plainte contre leur employeur, car "les règles d'information n'ont pas été respectées". Continental a annoncé mercredi 12 mars qu'il allait fermer deux sites de production en Europe, dont celui de Clairoix dans l'Oise, où les 1.120 salariés avaient accepté fin 2007 de passer de 35 à 40h de travail hebdomadaire pour sauver l'emploi dans leur usine.

"Le groupe a annoncé ça sans aucun respect des règles d'information des salariés", s'est indigné le secrétaire d'Etat. "Cela n'a pas permis au gouvernement de travailler pour essayer d'explorer avec eux toutes les autres possibilités, toutes les mesures qu'on a pour essayer de sauver des emplois", a-t-il regretté.

"On a un droit français, qui est là pour nous permettre de protéger les salariés et d'explorer toutes les possibilités plutôt qu'une fermeture sèche", a-t-il précisé, ajoutant qu'"à ce stade, ça se traite au niveau de la justice, c'est un non respect des règles de procédures de licenciement". Selon lui, le gouvernement "n'aura même pas besoin" de porter plainte. "Les salariés vont être les premiers à déposer plainte, et ils auront raison puisque les règles d'information n'ont pas été respectées".

La direction de Continental a répondu aux propos de Laurent Wauquiez. Bernhard Trilken, vice-président senior de Continental, a affirmé lors d'une conférence de presse à Paris avoir "respecté les procédures légales" dans l'annonce du projet de fermeture de l'usine de Clairoix. La direction entend "travailler avec les autorités nationales sur l'avenir du site".