Les salariés de Continental ont repris le travail

C.B. avec AFP

— 

Les "Conti" ont repris le chemin de l'usine. Les salariés de l'usine de Clairoix, en grève depuis l'annonce le 11 mars par le fabricant de pneus allemand de la fermeture du site d'ici un an, ont repris le travail lundi 23 mars, a-t-on appris auprès de la direction et des syndicats. "Le travail a repris ce matin à 6h", conformément à

l'accord
signé le 17 mars entre la direction et certains syndicats, dont la CFTC (majoritaire) mais à l'exclusion de la CGT, qui souhaitait un vote des salariés sur la fin de la grève, a indiqué un porte-parole de Continental.

"Il n'y a aucun gréviste aujourd'hui à Clairoix", a souligné Xavier Mathieu, délégué CGT. "Les salariés sont rentrés pour être payés, mais ils ne sont pas dans l'état d'esprit de faire du pneu. Leur priorité, c'est l'emploi et le salaire", a-t-il néanmoins ajouté.

Continental a dévoilé le 11 mars son intention de

fermer l'usine de Clairoix
(1.120 salariés) d'ici un an, ainsi que le site allemand de Hanovre (780 employés). Cette annonce a suscité de violentes réactions parmi les salariés du groupe allemand, qui se sont sentis "trahis" après avoir signé un accord sur le retour aux 40 heures hebdomadaires de travail afin de pérenniser l'emploi du site jusqu'en 2012. Nicolas Sarkozy s'est directement saisi du dossier Continental en assurant la semaine dernière lors d'un déplacement dans le Doubs qu'il "fera(it) en sorte qu'ils (les dirigeants de Continental) respectent leur engagement".

La CGT a prévu de manifester mercredi 25 mars à Paris à l'occasion du conseil des ministres pour "rappeler à l'Etat sa promesse de ne pas laisser tomber les "Conti" de Clairoix" et demande à être reçue par le gouvernement. "On veut que l'Etat suspende le lancement du plan social prévu le 31 mars et organise une table ronde" sur les conditions de la fermeture du site et les indemnités de licenciement, selon Xavier Mathieu.

Nicolaï Setzer, directeur de la division pneus tourisme camionnette de Continental, a fait savoir dans Le Figaro de samedi 21 mars que le groupe était favorable à "une indemnité conséquente". "On aimerait bien savoir ce que veut dire "conséquente" pour la direction", a-t-il relevé. "Certains salariés ont plus de 30 ans de boîte. Il est hors de question qu'ils sortent à 51 ou 52 ans pour trimer à retrouver du boulot", a-t-il estimé.