AIG brisé par le gouvernement américain, selon son ex-PDG

J. Bx. avec AFP

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Les initiatives du gouvernement américain pour sauver l'assureur en difficulté AIG vont "briser" l'entreprise, a estimé l'ancien PDG de l'entreprise Hank Greenberg dans un entretien au Financial Times, dont des extraits ont été rapportés lundi 9 mars sur le site du journal. "Il n'y aura plus de AIG. AIG va disparaître, il va être mis en pièces", a estimé Hank Greenberg, reprochant aux autorités d'avoir "imposé" à l'assureur des taux d'intérêts élevés en contrepartie des prêts qui lui étaient accordés.

S'étant retrouvé au bord de la cessation de paiement mi-septembre, AIG a été renfloué par les pouvoirs publics américains qui ont dû injecter plus de 170 milliards de dollars dans ses caisses pour maintenir à flot le groupe, dont le gouvernement possède désormais 80%. Le groupe a enregistré près de 100 milliards de dollars de pertes l'an dernier. "Sur les 85 milliards de dollars de la première intervention publique, le taux d'intérêt était supérieur de 850 points de base" au taux interbancaire offert à Londres (Libor), a rappelé le Financial Times, soulignant que, d'après la Réserve fédérale américaine (Fed), les termes du prêt avaient été proposés par AIG lui même.

"Si vous me dîtes que c'est une manière de sauver une entreprise, alors nous sommes en désaccord. C'est un moyen de liquider une entreprise, pas de la secourir", a commenté pour sa part Hank Greenberg. Ce dernier reproche également aux autorités d'avoir obligé l'assureur à rembourser en novembre "plus de 30 milliards de dollars" aux banques qui s'étaient assurées auprès d'elle contre le risque de crédit. Selon le journal, la Fed jugeait cette décision "vitale pour éviter une rupture sur le marché du crédit". Parmi elles, Société Générale et Calyon, la filiale de Crédit agricole, auraient reçu 6,6 milliards de dollars.

"Noël est arrivé très tôt pour eux (ces institutions remboursées par AIG), c'était leur faire un cadeau", a observé l'ancien PDG, qui était resté 38 ans à la tête d'AIG avant d'en partir en 2005. Selon le Financial Times, Hank Greenberg, qui était un important actionnaire du groupe, a perdu des millions de dollars sur les titres qu'il détenait, en raison de l'effondrement du cours de l'assureur. Cotant encore au-dessus des 20 dollars il y a 6 mois, le titre AIG évoluait lundi 9 février aux alentours de 36 cents à la Bourse de New York.

Ces déclarations interviennent alors qu'AIG a déclaré travailler au quotidien "avec la Fed afin d'évaluer d'éventuelles nouvelles alternatives destinées à faire face à ses défis financiers". Ces discussions pourrait aboutir à la scission de la société en trois divisions contrôlées par l'Etat.