La Chine accuse Christie's d'avoir déjà vendu des biens chinois pillés

E24 avec AFP

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"Ces dernières années, Christie's a vendu à plusieurs reprises des biens chinois pillés ou objets de trafics, ils ont tous été sortis illégalement du pays", affirme un communiqué de l'Administration d'Etat des vestiges et monuments de Chine sur son site internet, sans donner de précisions. Cette prise de position tranchée fait suite à la vente, dans le cadre de la vente de la collection Bergé-Saint Laurent, de deux bronzes chinois pillés il y a près de 150 ans à Pékin. Christie's en assumera les conséquences, a menacé l'administration chinoise.

Celle-ci indique avoir tenté de contacter à plusieurs reprises la maison d'enchères avant la vente de la collection d'oeuvres d'art Yves Saint Laurent-Pierre Bergé pour qu'elle enlève les deux pièces disputées, une tête de rat et une tête de lapin provenant du sac du Palais d'été à Pékin par des soldats français et britanniques en 1860. "Mais Christie's s'est obstinée, persistant à mettre aux enchères des pièces pillées au Palais d'été, violant l'esprit des conventions internationales et le consensus sur le retour de ce genre d'objets dans leur pays d'origine, portant atteinte aux droits culturels du peuple chinois et aux sentiments de la nation", affirme le texte.

Les deux pièces, d'une hauteur d'une quarantaine de centimètres, ont été adjugées mercredi pour un montant de 15,7 millions d'euros chacune, sans qu'on connaisse l'identité du ou des acheteurs qui ont remporté les enchères au téléphone. L'Administration d'Etat des vestiges et monuments indique "ne pas reconnaître le propriétaire illégal des pièces pillées" et qu'elle continuera à tenter d'obtenir le retour de ces pièces en Chine "par tous les moyens et canaux possibles".

La justice française avait autorisé la vente de ces deux bronzes chinois. Le tribunal de Paris avait été saisi par une Association pour la protection de l'art chinois en Europe (Apace), basée à Paris, qui réclamait la suspension de la vente. Le sac du palais d'Eté en 1860 à Pékin est l'un des épisodes les plus retentissants de l'invasion de la Chine par les puissances coloniales, une humiliation toujours vive près de 150 ans après.