Guadeloupe: le LKP durcit le ton

E24 avec AFP

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Le collectif LKP a durci le ton dimanche 1er mars au soir, appelant, à la veille du 42e jour de grève générale, à "passer d'entreprise en entreprise" pour faire signer

l'accord
prévoyant une augmentation salariale de 200 euros. "Non seulement nous allons demander l'extension de l'accord, mais nous allons passer d'entreprise en entreprise pour le faire signer", a annoncé Elie Domota, porte-parole du collectif, devant près de 3.000 personnes à qu'il venait d'annoncer la poursuite du mouvement.

Elie Domota a réitéré son intention de demander au ministère du Travail, qui en a la faculté, d'étendre à toutes les entreprises de Guadeloupe l'application de l'accord uniquement signé par des organisations patronales minoritaires. "Cela fait quarante jours que nous sommes en mouvement, le LKP ne s'arrête pas, nous avons du travail pour quarante ans encore", a-t-il ajouté, en faisant référence au 40 jours de Carême, très observé en Guadeloupe.

L'accord sur les salaires est

rejeté par le Medef
et plusieurs autres organisations patronales majoritaires, représentant notamment
le secteur clé du tourisme
. Depuis Paris, la ministre de l'Intérieur et de l'Outremer Michèle Alliot-Marie a demandé dimanche 1er mars à l'organisme patronal d'adopter "une attitude responsable" dans ces négociations. Le LKP, qui avait laissé entendre qu'il pourrait suspendre la grève dimanche, a annoncé qu'il se prononcerait lundi après-midi après transmission d'un document demandé au préfet, actant les points d'accord.

Ce report a été saluée par une salve d'applaudissements des sympathisants qui ont manifesté leur ferveur en chantant en choeur "le combat continue". Elie Domota les a appelé à se rassembler lundi 2 mars à 8h à Baie-Mahault, à 8 km de Pointe-à-Pitre: "Demain nous venons en tennis", a-t-il ajouté, sans plus de précision. "Environ 46.000 salariés toucheront au moins 100 euros de l'Etat mais il nous faut aller chercher les autres 100 euros", a ajouté Elie Domota.

"Le droit de manifester est libre", a réagi le préfet de Guadeloupe Nicolas Desforges, après l'annonce du LKP. "Si ça se passe dans le cadre de respect de la loi, il n'y aura aucune difficulté", a-t-il ajouté. Après presque six semaines de paralysie, le préfet Nicolas Desforges avait lancé samedi un appel "solennel" devant la presse, affirmant que "l'essentiel" des revendications du collectif intersyndical LKP était "acquis", notamment la plus "emblématique" portant sur la hausse de 200 euros des bas salaires.