En Martinique, la grève continue malgré la signature d'un accord cadre

E24 avec AFP

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Un accord cadre sur une augmentation de 200 euros nets mensuels des salaires jusqu'à 1,4 Smic a été signé dans la nuit de lundi 2 à mardi 3 mars en Martinique, mais le "Collectif du 5 février" a appelé à poursuivre la "mobilisation" et donc la grève jusqu'à un accord sur les prix. Après quasiment 10 heures d'un énième round de négociations, avec plénières, comités restreints et de multiples aller-retours pour amender le texte, syndicats et patronat ont finalement dégagé un accord.

Le Collectif, qui avait lié lundi un accord sur les salaires à un accord sur les prix, a donc changé d'avis, mais affirme "rester attentif à la commission sur les prix" chargée de passer au peigne fin 100 "familles" de produits (d'importation ou locaux) pour déterminer ceux qui feront l'objet d'une baisse. Le Collectif a donc déclaré rester "mobilisé jusqu'à l'aboutissement des négociations" et "lance un appel à la population pour qu'elle reste mobilisée", appelant de facto à la poursuite du mouvement de grève générale.

Le document n'a pas été paraphé par certaines organisations syndicales, absentes ou qui souhaitaient consulter leur base comme la CGTM et FO, importantes dans le mouvement contre la vie chère. "Pourquoi sommes-nous encore asphyxiés", a lancé de son côté le président du Medef de Martinique, Patrick Lecurieux-Durival en référence à la poursuite du mouvement de grève, soulignant "la bonne volonté" des entrepreneurs. L'accord détermine "un cadre de négociations sur les salaires" a souligné le représentant du patronat. Une commission chargée de détailler l'accord cadre devait se réunir mardi 3 mars à 14h (19h à Paris).

Le document, qui concerne "les salariés du privé disposant de salaires bruts jusqu'à 1,4 Smic", prévoit que "chaque salarié, dans tous les secteurs, reçoive à compter du 1er mars 2009 un montant de 200 euros nets mensuels". Les salariés à temps partiels bénéficieront également de cette hausse "au prorata du temps de travail". Les employeurs y contribueront à hauteur d'un montant compris entre 30 et 100 euros (en fonction de leurs effectifs et de leurs capacités financières), l'Etat à hauteur de 100 euros. Le Conseil général et le Conseil régional se répartiront le solde. Les syndicats, qui voulaient que soient intégrés les salaires de 1,4 à 1,6 Smic, ont accepté que des minima d'augmentation soient discutés lors de négociations de branches ou d'entreprises d'ici au 15 mai.