200 euros d'augmentation, un accord non définitif en Guadeloupe

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Accord non définitif. L'Etat, le patronat et le collectif LKP qui mène la grève en Guadeloupe depuis le 20 janvier sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi 26 février à un accord non définitif sur une augmentation de 200 euros des bas salaires, selon l'un des dirigeants de l'intersyndicale.

"Les 200 euros, c'est OK. L'Etat va garantir les 200 euros", a déclaré à la presse l'un des dirigeants de l'intersyndicale Rosan Mounien après plus de dix heures de discussion qui avaient débuté à 16H00 heure locale, soit 21H00 heure de Paris et qui ont été suspendues à 02h30 (07H30 à Paris). Le préfet Nicolas Desforges a indiqué pour sa part qu'un accord définitif "n'est pas signé et les débats ne sont pas terminés". "Nous n'avons pas totalement abouti, les discussions sont suspendues et reprendront à 14H30" ce jeudi, a-t-il ajouté.

Une foule importante a soutenu le LKP en chanson, au rythme des tambours, pendant toute la nuit devant la capitainerie de Pointe-à-Pitre où ces négociations marathon se déroulaient. Les différentes parties ont négocié à partir du montage du gouvernement qui prévoyait grosso modo : 80 euros de l'Etat, 50 euros des entreprises et 50 des collectivités locales, soit 180 euros de hausse des bas salaires. Mais le LKP a toujours revendiqué une augmentation de 200 euros.

Finalement, selon Rosan Mounien, l'Etat ajoutera 20 euros pour les petites sociétés de moins de 20 salariés. Le préfet est resté plus évasif sur ce point évoquant cela comme une possibilité. Au delà de 20 salariés, les chefs d'entreprises prendront la différence à leur charge, certaines allant au delà de 200 euros d'augmentation.

Restent à régler le problème de la date d'effet de cette mesure, la durée de l'accord (deux ou trois ans), le salaire de base (brut nu ou avec les primes). Jean-Marie Normertin du LKP, a déclaré : "On a avancé, on a eu les 200 euros, mais le problème qui reste le plus important est la pérennité du système au delà de trois ans". "On attend de connaître la position du Medef à 14H30, pour reprendre les négociations", a-t-il dit. Quant au leader du LKP, Elie Domota, il s'est déclaré prudent : "On est habitué aux revirements du patronat, on se méfie, la grève continue".

Rosan Mounien a prévenu aussi qu'un accord définitif sur les 200 euros ne signifierait pas la fin des négociations. "Cela permettra de débuter les discussions sur les 19 derniers points à débattre", a-t-il dit. Parmi ces points, figure la question du paiement des jours de grève. Le LKP appelle à un rassemblement à Baie-Mahault, non loin de Pointe-à-Pitre jeudi à 08H00, heure locale.