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Victorin Lurel président (PS) du conseil régional et Jacques Gillot président (app. PS) du conseil général ont appelé samedi à un "assouplissement" de la grève générale en Guadeloupe pour que "le pays vive plus normalement" lors d'une conférence de presse à Pointe-à-Pitre.

PARIS, 14 fév 2009 (AFP) - Près des deux-tiers des Français sondés pensent que la métropole pourrait connaître un mouvement social semblable à celui qui paralyse la Guadeloupe depuis 25 jours, selon un sondage Ifop à paraître dans Sud-Ouest dimanche.

Parmi les personnes interrogées, 63% disent penser qu'un tel mouvement pourrait "se développer en métropole", dont 25% le pensent "certainement" et 38% "probablement".

36% des sondés ne croient pas à une extension en métropole, dont 23% "probablement pas" et 13% "certainement pas". 1% ne se prononcent pas.

L'Ifop rappelle les résultats d'une enquête similaire réalisée en décembre sur une possible contagion en France du mouvement d'émeutes en Grèce, après la mort d'un jeune tué par la police.

A l'époque, 72% des sondés disaient penser qu'un mouvement similaire pourrait s'étendre en France (25% certainement, 47% probablement), pour 27% qui ne croyaient pas à une telle extension (21% probablement pas, 6% certainement pas) et 1% ne se prononçaient pas.

Sondage réalisé les 12 et 13 février sur un échantillon national de 800 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées par téléphone à leur domicile. Notice détaillée disponible auprès de la Commission nationale des sondages.

L'Autorité de la concurrence va établir "avant l'été" un état des lieux et des "propositions" sur les prix dans les départements d'outre-mer, en proie à des mouvements sociaux, notamment sur les carburants et produits de grande consommation, a annoncé samedi son président.

"Nous allons très vite recevoir une lettre de mission pour faire un diagnostic et des recommandations que nous remettrons avant l'été", a déclaré Bruno Lasserre à la sortie d'un entretien avec Yves Jégo, secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer.

M. Lasserre a précisé à la presse que cette mission concernerait plus particulièrement les carburants et les mécanismes d'importation et de distribution des produits de grande consommation.

"Il faut regarder pourquoi les prix sont très différents en métropole et outre-mer. Il y aura un relevé des prix pour faire un constat, mais le plus important c'est le pourquoi, ce qui suppose de regarder toute la chaîne, l'importation, le dépôt, le stockage, la distribution et de voir à chaque étape de la chaîne si elle fonctionne de manière suffisamment concurrentielle," a déclaré le président de l'Autorité de la concurrence.

M. Jégo entamait avec M. Lasserre une série de consultations visant selon le secrétariat d'Etat "à approfondir les deux sujets de fond des conflits ouverts en Martinique et en Guadeloupe", paralysées par des grèves contre la vie chère.

Après M. Lasserre, le secrétaire d'Etat devait recevoir le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la jeunesse Martin Hirsch, alors que l'extension du RSA aux départements d'outre-mer a été avancée à 2009.

Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer Yves Jégo a affirmé vendredi que "l'Etat fera respecter le droit" en Guadeloupe, en dénonçant "un climat de terreur, de pression" sur certains commerçants pourqu'ils ferment leurs magasins.

"On ne peut pas rester dans une situation de cette nature-là, on ne peut pas accepter que des situations de droit ne soient pas respectées", a-t-il déclaré sur France 2.

Assurant avoir "apporté 131 réponses à 132 revendications" du collectif contre la vie chère LKP, il a ajouté que l'Etat allait "conforter les entreprises pour qu'elles puissent faire de bonnes négociations salariales".

"Mais l'Etat sera aussi un Etat de droit qui fera respecter le droit et en sorte qu'en Guadeloupe, comme partout dans notre pays, on puisse circuler librement et qu'un commerçant qui veuille ouvrir sa boutique puisse le faire", a prévenu le secrétaire d'Etat.

Affirmant que la crise en Guadeloupe est "une situation que personne n'a vu venir", il a de nouveau assuré qu'il n'avait jamais fait de promesse pour l'augmentation des bas salaires, ce que contestent les élus locaux en s'appuyant notamment sur un message du secrétaire d'Etat et une interview.

"Je n'ai jamais fait de promesse sur l'augmentation des bas salaires, ce n'est pas un ministre qui augmente les salaires dans une entreprise", a-t-il dit. "Je n'ai jamais évoqué dans les négociations les salaires, le montant des salaires (...)".

Selon M. Jégo, "si on ne veut pas aller au drame, il faut que les hommes et femmes de bonne volonté arrivent, maintenant qu'il y a des réponses sociales de la part de l'Etat et des collectivités, que les acteurs économiques savent quelles vont être les mesures qui vont être prises pour conforter l'économie qui souffre, se mettent autour d'une table pour arriver à une sortie par un accord négocié".

Il en appelé à la "responsabilité" des "six représentants des organisations patronales et des six représentants des organisations syndicales", car "les 400.000 Guadeloupéens n'en peuvent plus".