Le PIB révisé en légère hausse au premier trimestre

J. Bx avec AFP

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L'effondrement du produit intérieur brut japonais, même amoindri de 1 point à -14,2% en rythme annuel, restera dans les annales. Malgré cette révision, il reste en effet le pire depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le Japon traverse actuellement sa plus grave phase de récession depuis que ce type d'indicateur de la santé économique du pays est calculé. C'est aussi la première fois depuis 1945 qu'il subit quatre trimestres d'affilée de recul de la richesse produite.

Le gouvernement a également révisé dans le sens positif les chiffres du quatrième trimestre 2008, précisant que le PIB avait décliné de 3,6% par rapport aux trois mois antérieurs (-13,5% en rythme annualisé), et non de 3,8% sur un trimestre comme il l'avait indiqué précédemment.

Cette longue et vertigineuse réduction d'activité au Japon provient d'un plongeon inédit des exportations, dû à la récession internationale, et d'une nette diminution de la consommation intérieure.

La petite amélioration des chiffres annoncée ce jeudi cadre avec les propos récents de la Banque du Japon et résulte essentiellement d'un affinement des calculs concernant les investissements des entreprises. Ils ont un peu moins régressé qu'estimé, de 8,9% sur un trimestre, alors que la première évaluation aboutissait à une chute de 10,4%.

Durant les douze mois d'avril 2008 à mars 2009, période budgétaire de référence au Japon, la richesse nationale produite a ainsi reflué de 3,3% sur un an et non de 3,5% comme indiqué auparavant. Sur l'année calendaire 2008, le recul est de 0,7%.

"L'économie du Japon reste faible", a commenté Norio Miyagawa, analyste de Shinko Research Institute. Selon lui, la consommation intérieure va probablement rester atone et les stocks excédentaires dans les entreprises.

Daisuke Uno de Sumitomo Mitsui Banking se méfie quant à lui de l'enthousiasme perceptible sur les places de marché alors que les espoirs de reprise ont fait notablement remonter les cours des valeurs à la Bourse de Tokyo. "L'économie réelle ne s'améliore pas encore. Il faut pour cela d'abord que la demande revienne", prévient M. Uno.

Le PIB nippon pourrait en effet encore perdre de 3,1% à 3,3% au cours de l'année budgétaire entamée le 1er avril, selon les estimations respectives de la Banque centrale du Japon et de l'Etat, car les moteurs de l'économie nippone (exportations, consommation, investissements) sont encore en panne.

Après la profonde décrue du premier trimestre, les autorités et les économistes espèrent cependant un rebond à partir du deuxième trimestre 2009 (avril à juin), voyant poindre quelques signes encourageants comme le regain de la production industrielle depuis mars, grâce notamment à des commandes en provenance de Chine. "Le cabinet du Premier ministre Taro Aso a lancé plusieurs plans de stimulation de l'activité qui apportent leur contribution", a aussi souligné jeudi le secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Takeo Kawamura.

L'Etat nippon a en effet mis sur les rails depuis mi-2008 plusieurs trains de mesures coûteux pour les finances publiques, afin de soutenir les entreprises viables mais fragilisées et de pousser les citoyens à consommer, en subventionnant notamment les automobiles et appareils électroménagers écologiques. Toutefois, tout le monde reconnaît que même en cas de petit redémarrage, la situation ne s'améliorera pas immédiatement sur le volet de l'emploi, ce qui handicape la confiance des citoyens et bride la consommation intérieure.