Eni, en perte, table sur une hausse de sa production

E24 avec AFP

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Le groupe pétrolier italien Eni a accusé une perte nette de 874 millions d'euros au quatrième trimestre 2008, sous l'effet de dépréciations d'actifs et de la chute des prix du baril dans le sillage de la crise, selon ses résultats préliminaires publiés vendredi 13 février. Le groupe avait engrangé un profit de 3,01 milliards un an plus tôt. Sous l'effet de cette perte, sur l'ensemble de l'année, le bénéfice net a reculé de 11,8% à 8,83 milliards d'euros, précise Eni dans son communiqué.

Le bénéfice net ajusté du groupe -indicateur-clé du secteur qui exclut des éléments exceptionnels- a de son côté diminué de 27,4% au quatrième trimestre à 1,94 milliard, en ligne avec les estimations des analystes. Sur l'ensemble de l'exercice, il a progressé de 7,7% à 10,20 milliards. Le bénéfice opérationnel a reculé de 91% sur le dernier trimestre à 464 millions et de 1,2% sur l'ensemble de l'année à 18,641 milliards. Les ventes ont reculé de 3% à 24,6 milliards d'euros au dernier trimestre mais progressé de 24% à 108,19 milliards sur l'ensemble de l'année.

Cette perte au quatrième trimestre a été "enregistrée dans un contexte de récession économique qui a eu une influence négative sur la performance opérationnelle" du groupe, en entraînant une chute des prix du baril sur la période après leurs records de l'été, explique Eni. Conséquence le groupe a dévalué la valeur de ses stocks, une charge extraordinaire de 1,693 milliard d'euros, et a déprécié des "actifs fixes" comme des gisements en déclin, pour un montant de 1,124 milliard.

Le groupe italien cite également des "arrêts (de production) et des inconvénients techniques en Mer du Nord", "l'impact des ouragans sur la production du golfe du Mexique" ou les baisses de production décidées par l'OPEP, comme facteurs défavorables sur le dernier trimestre de l'année. La production d'hydrocarbures du groupe a progressé de 2,1% au quatrième trimestre et de 3,5% sur l'ensemble de l'exercice, grâce à la contribution de gisements en Angola, au Congo, en Egypte, au Pakistan et au Venezuela, qui ont compensé le déclin de gisements matures.

Au chapitre des perspectives, Eni s'attend cette année, malgré la crise, à une hausse de la production d'hydrocarbures et à une augmentation des volumes de gaz vendus, sans les chiffrer, mais à une légère baisse des investissements par rapport aux 14,5 milliards de 2008. Le groupe table sur une hausse de sa production annuelle d'hydrocarbures de 3,5% en moyenne sur la période 2009-2012 puis de 3% jusqu'en 2015, malgré "l'incertitude et la volatilité" qui pèsent sur les marchés de l'énergie, a-t-il annoncé vendredi 13 février. "En dépit de marchés de l'énergie incertains et volatils" et de la crise qui entraîne une baisse de la demande, Eni confirme sa stratégie de croissance de la production d'hydrocarbures ainsi que des réserves", a indiqué le groupe dans un communiqué sur son nouveau plan stratégique 2009-2012.

La croissance annuelle moyenne de la production sera de 3,5% sur la durée du plan et ensuite de 3% d'ici 2015. En 2012, la production du groupe sera supérieure à 2 millions de barils par jour, avec un prix moyen de 55 dollars le baril, contre 1,79 million de barils/jour l'année dernière.