Le Parisien doit réinventer son modèle économique

E24 (avec AFP)

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Le constat est alarmant mais pas nouveau. La situation de la presse dans les années qui viennent "n'est pas viable" en l'état, a indiqué le directeur général du Parisien Jean Hornain dans un entretien à l'AFP. Même si Le Parisien/Aujourd'hui en France est resté bénéficiaire en 2008.

Rappelant que les titres étaient revenus à l'équilibre en 2006 pour la première fois depuis 2000, il a jugé que le groupe avait "très bien résisté" au cours des dernières années. "Nous avons vendu 178 millions d'exemplaires en 2008, contre un peu moins de 170 millions en 2005. Notre diffusion a progressé de 4,7% dans un marché en baisse de 5%" sur la période, a-t-il souligné. Mais ce n'est pas suffisant lorsque l'on affronte une tendance du marché de la presse en recul "de 10% en 2009/2010". "On a un modèle économique qui ne va plus fonctionner, qu'il faut réinventer: quelle offre, à quel prix, pour quels clients, avec quelle distribution?", a-t-il dit.

Au sein du Parisien/Aujourd'hui en France, "je pense qu'on sera amené à réfléchir à notre politique sociale", a-t-il expliqué, citant le temps de travail et la politique salariale. En 2009, "nous avons toujours trois priorités" : la qualité de l'offre, le développement, en particulier sur internet, et l'optimisation des coûts, a-t-il dit. Sur internet, les sites, qui ont été entièrement refondés, sont passés de 500.000 visiteurs uniques fin 2007 à 3,3 millions de visiteurs uniques fin 2008. "Nous avons reconstruit un site de presse, nous voulons passer à un site de marque", en développant les services et une communauté de lecteurs, a-t-il expliqué, n'excluant pas des acquisitions.

Revenant sur la création d'un supplément de fin de semaine, Jean Hornain a reconnu ne "pas avoir réalisé" ce projet, notamment parce que les "conditions financières et de pouvoir d'achat ont changé". Sans écarter de futurs développements, il a jugé qu'un tel lancement n'était pas envisageable en 2009.

Jean Hornain a par ailleurs indiqué que le directeur de la rédaction Vincent Régnier, qui a quitté le groupe en janvier suite à des "désaccords stratégiques", allait être remplacé "fin février-début mars".