Michelin: chute de 53% du résultat net

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Michelin a enregistré un résultat net de 360 millions d'euros en 2008, très en-deçà des attentes des analystes qui se situaient en moyenne à 498 millions, selon un sondage réalisé par l'agence Dow Jones.

Le fabricant de pneumatiques a subi une chute de sa marge d'exploitation à 5,6% contre 9,8% un an plus tôt. Au cours de l'exercice, son chiffre d'affaires a diminué de 2,7% à 16,4 milliards d'euros, tandis que son résultat d'exploitation a chuté de 44% à 920 millions d'euros.

Ces résultats reflètent un effondrement du marché du pneumatique tant pour les voitures de tourisme que pour les poids lourds, certains marchés chutant de 39%. La crise de l'automobile touche tant les marchés de première monte que les ventes de pneus de remplacement.

Le groupe annonce son intention de réduire ses investissements à 700 millions d'euros cette année, contre 1,3 milliards dépensés en 2008. Il maintient cependant le versement d'un dividende de 1 euro par action, au titre de 2008, contre 1,60 euro un an plus tôt.

Ce vendredi, Valeo, autre équipementier automobile a annoncé des résultats dans rouge, subissant lui aussi les difficultés de ses clients constructeurs automobiles.

Pour 2009, Michelin anticipe une "forte baisse" des marchés du pneumatique au cours du premier semestre 2009. "Ils pourraient se redresser au fur et à mesure que les stocks sur les marchés du remplacement se reconstitueront et qu'une reprise de l'activité économique se matérialisera", explique le groupe.

Le groupe espère également que ses résultats bénéficieront des hausses de prix passées l'an dernier, ainsi que de la détente du prix des matières premières, en particulier le caoutchouc naturel et les produits dérivés du pétrole.

Malgré un environnement de marché plus difficile, Michelin veut toujours atteindre l'objectif d'une marge d'exploitation d'au moins 10% du chiffre d'affaires en 2010.

Au cours d'une conférence de presse, ses dirigeant ont déclaré qu'ils regarderaient le dossier Continental, s'il est remis en vente par son propriétaire, le groupe privé allemand Schaeffler. La famille Schaeffler a récemment indiqué être à la recherche d'un investisseur privé pour boucler le rachat de l'équipementier automobile allemand. Schaeffler a accumulé 20 milliards de dettes - 10 pour reprendre Continental, lequel s'était endetté pour reprendre les activités d'équipement automobile de Siemens.