Les open-bars sur la sellette

Thibaud Vadjoux

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Cela risque de provoquer un séisme dans les BDE (bureau des étudiants) des facs et des écoles de commerce. Les soirées étudiantes pourraient bientôt être privées de leurs open-bars, cet accès gratuit et illimité aux boissons alcoolisées une fois payée l'entrée à la fête.

Le projet de loi sur l’hôpital et la santé, examiné en urgence, sera débattu à l'Assemblée nationale dans les jours prochains. Il est défendu par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot et l'article 24 vise précisément à interdire la pratique des open-bars, accusée de favoriser l'alcoolisme des jeunes. Mais ce n'est pas tout, "la vente d'alcool réfrigéré à emporter sans permis d'exploitaion", c'est-à-dire le plus souvent les bières fraîches vendues dans les petits commerce mais aussi les ventes dans les stations services et enfin la vente à domicile, pratique en "forte expansion" selon le texte de loi, sont également visées par l'interdiction.

Par ailleurs, un deuxième article prévoit de proscrire entièrement la vente d'alcool aux mineurs. Les jeunes de plus de 16 ans avaient jusqu’à présent le droit de consommer vin, bière, champagne et cidre dans les cafés et restaurants.

La ministre a répété, mardi 3 mars, lors des questions au gouvernement, sa détermination. "Je veux être ferme sur l'interdiction des open-bars et la vente d'alcool aux mineurs. Nous discuterons dans quelques jours de cette disposition que je juge indispensable. Elle reçoit d'ailleurs l'appui de nos concitoyens à plus de 80%."

Ces articles pourraient être discutés jeudi 5 mars à l'Assemblée. La commission culturelle a déjà déposé plusieurs amendements à l'interdiction des open-bars en demandant qu'elle soit limitée au moins de 25 ans. Le vin, lui, semble sur le point de tirer son épingle du jeu. La ministre s'est dite prête à trouver un compromis avec la filière viticole en colère. "Il n'a jamais été question d'interdire les salons, les dégustations ou encore les fêtes traditionnelles. La rédaction de l'article mérite d'être précisée", a rassuré Roselyne Bachelot.

Les professionnels des cafés, bars et discothèques ne sont, eux, pas rassurés pour l'instant. Après les organisateurs de soirées étudiantes, ils sont les premiers visés. "Le gouvernement s'obstine à considérer les cafetiers et les restaurateurs comme des boucs émissaires responsables de l'alcoolisation des jeunes en France. Il se trompe de cible! ”, enrage Christine Pujol, présidente de l’UMIH, l'union des métiers des industries de l'hôtellerie, dans un communiqué. L'UMIH se défend, dans une enquête menée par le syndicat, que les ventes d'alcools des cafés, hôtels, restaurants ne représentent que 12% des ventes d'alcool en France, toutes catégories d’âge confondue.