20 milliards de pertes

Julien Beauvieux

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La première banque de Belgique, Fortis Banque, censée passer sous le contrôle du groupe français BNP Paribas, a accusé en 2008 une perte nette de 20,6 milliards d'euros, selon un communiqué publié mardi 14 avril. ABN Amro a pesé dans la balance.

Ce chiffre est globalement en ligne avec les estimations fournies précédemment par la banque. Elle avait annoncé en janvier dernier une perte nette de 14,1 milliards d'euros pour les neuf premiers mois de 2008 et précisé début mars qu'il faudrait y ajouter environ 6 milliards pour le quatrième trimestre.

Hors éléments exceptionnels, Fortis Banque a néanmoins enregistré un bénéfice "sous-jacent" de 903 millions d'euros l'an dernier, en baisse de 61% par rapport à l'exercice 2007. Les revenus du groupe se sont pour leur part inscrits en repli de 8%, à 7,4 milliards d'euros.

Les comptes de Fortis Banque ont été plombés par des dépréciations d'actifs liées à la crise (9,7 milliards d'euros), mais aussi par "un impact négatif, à hauteur de 12,5 milliards, des transactions de restructuration de septembre et octobre". Ce dernier chiffre comprend une moins-value de 9 milliards d'euros correspondant à la vente, début octobre, des activités néerlandaises du groupe, dont la banque d'affaires ABN Amro, achetée au prix fort en 2007 aux côtés de l'espagnol Santander et du britannqiue Royal Bank of Scotland.

Face à la déconfiture du groupe et ses conséquences notamment en matière d'emploi, les Pays-Bas avaient fini par nationaliser les activités néerlandaises de bancassurance de Fortis. La Belgique avait de son côté nationalisé les activités bancaires belges, Fortis Banque, avec l'intention d'en revendre 75% à BNP Paribas. Fortis Holding regroupe depuis les restes de l'ex-fleuron de la finance du Benelux.

Ces résultats interviennent alors que l'ensemble des actionnaires de Fortis Holding, finalement autorisés par la justice à se prononcer sur ces remaniements d'urgence, voteront le 28 avril à Gand (Belgique) et le 29 avril à Utrecht (Pays-Bas) sur une troisième mouture du démantèlement de leur groupe. Ils ont déjà forcé BNP Paribas et l'Etat belge à réviser à deux reprises leur accord sur la cession de Fortis Banque. BNP Paribas vient d'ailleurs de faire une nouvelle concession en promettant que la banque sera dirigée par un belge, et non un français comme cela avait été initialement annoncé.