Le directeur général de BNP rencontre le premier ministre belge

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Le directeur général de BNP Paribas, Baudouin Prot, est arrivé vendredi soir 6 mars à Bruxelles pour rencontrer le Premier ministre belge Herman Van Rompuy et tenter de trancher dans les tractations sur l'avenir de la première banque du pays Fortis, selon une source proche du dossier. L'entrevue entre M. Prot et M. Van Rompuy a débuté vers 18H00 (17H00 GMT) et devait être suivie par un conseil des ministres restreint.

C'est à minuit (23H00 GMT) qu'expire en principe le délai pour renégocier un accord signé en octobre par BNP avec l'Etat belge, en vue du rachat de Fortis banque. Un premier accord a été rejeté en février par les actionnaires de Fortis, qui le trouvaient trop avantageux pour la banque française. Les négociations semblaient vendredi plutôt bien engagées. Une source proche du dossier a fait savoir que "les négociations avançaient dans un climat plutôt bon".

Selon Les Echos, qui cite des sources proches des négociations, de nouvelles clauses ont été négociées, modifiant sensiblement l'accord rejeté en février par les actionnaires de Fortis. Dans le détail, BNP Paribas reprendrait finalement à l'Etat belge, seul actionnaire actuellement, 70% du capital de Fortis Banque. La banque française détiendrait par ailleurs 25% de Fortis Insurance Belgium.

L' accord renégocié et refusé par l'assemblée générale des actionnaires de Fortis le 11 février dernier prévoyait que l'Etat belge conserve seulement 25% de Fortis Banque, et que BNP Paribas ne prenne que 10% des activités d'assurance, aujourd'hui détenues par Fortis Holding.

"Ce nouvel accord été renégocié en vue de satisfaire toutes les parties. C'est un accord gagnant-gagnant à la fois pour les actionnaires de Fortis holding qui vont récupérer plus de cash, pour l'Etat belge qui n'intervient qu'en cas d'aggravation de la crise et pour BNP Paribas", estime la source proche des négociations citée par Les Echos. Par ailleurs, de nouvelles garanties pourraient être apportées à Fortis Banque par l'Etat belge en cas d'aggravation de la crise, ce dont bénéficie BNP. Jeudi 5 mars, Fortis Banque avaient annoncé que sa perte nette pourraient s'établir au quatrième trimestre à 6 milliards d'euros, soit un milliard de plus qu'initialement prévu le 22 janvier dernier. La banque avait enregistré 14,1 milliards de pertes sur les neuf premiers mois.

Grâce à cette opération, BNP Paribas se hisserait au premier rang du secteur bancaire de la zone euro en termes de volume de dépôts, selon le quotidien. Il faut néanmoins pour cela que les actionnaires de Fortis Holding valident le projet. Selon Les Echos, BNP Paribas dispose du soutien de grands actionnaires de Fortis Holding, notamment le fonds de pension néerlandais PGGM et ABP, qui détiennent respectivement 0,2% et environ 2% du capital. Un appui indispensable pour éviter un nouveau rebondissement du dossier, qui se solderait alors probablement par un abandon de BNP.