Grosse déprime pour NYSE Euronext

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Sauf miracle, NYSE Euronext risque bien de revivre en 2009 ce que l'opérateur de Bourses a déjà subi en 2008: recul des indices boursiers, concurrence accrue des plates-formes de cotation alternatives… Un scénario noir qui l'an dernier a entraîné une chute de 70% de sa capitalisation boursière. S'il se reproduit en 2009, avec en prime une baisse de la volatilité, un tel scénario pourrait conduire à de nouvelles dépréciations d'actifs et à un nouvel affaiblissement des fonds propres de la société. Ces perspectives peu encourageantes peuvent expliquer pourquoi le groupe a été obligé de suspendre ses rachats d'actions pour concentrer ses ressources sur sa croissance organique.

Au cours de l'année écoulée, le chiffre d'affaires de l'opérateur de Bourses a progressé grâce aux effets de la fusion entre NYSE et Euronext, finalisée en avril 2007. Malgré la croissance des ventes et les synergies de fusion, le résultat d'exploitation du groupe, retraité des dépréciations d'actifs, est ressorti en-deçà des attentes des analystes. NYSE Euronext réalise 44% de ses revenus aux Etats-Unis, et 56% en Europe – deux régions qui sont en récession depuis un an provoquant un plongeon de leurs places boursières.

Face à de tels chocs conjoncturels, les positions dominantes du groupe sur les marchés au comptant semblent de maigres remparts. NYSE Euronext n'a pas de relais de croissance dans les pays émergents. En outre, le groupe manque toujours de taille critique dans les produits dérivés, face à des poids lourds comme Deutsche Boerse en Europe ou CME outre-Atlantique.

Certes, ses concurrents ont eu aussi subi une chute de leur valorisation boursière. En moyenne, l'industrie des opérateurs de Bourses se traitait sur un multiple de résultat de l'année en cours de 20,5 en mars 2008; début février, elle affiche un multiple moyen de 13.

Dans ce contexte, il n'est pas certain que de nouvelles opérations de croissance externe soient de nature à rassurer les actionnaires de l'opérateur – des spéculations concernant un rapprochement avec Deutsche Boerse ont ressurgi en décembre 2008, sans réellement réveiller le cours de Bourse. NYSE Euronext semble donc manquer d'atouts suffisants pour sortir d'une logique de destruction de valeur. Et rares sont les indicateurs qui laissent penser que cela sera bientôt le cas.