Un trader de Merrill Lynch soupçonné d'avoir égaré 120 millions de dollars

E24 avec AFP

— 

Les responsables de Bank of America enquêtent sur les activités des traders de la banque d'affaires Merrill Lynch, acquise formellement au 1er janvier, après avoir découvert notamment qu'un employé londonien aurait laissé s'évaporer 120 millions de dollars sur les marchés de devises, a affirmé le New York Times vendredi 6 mars. Un porte-parole de Merrill Lynch interrogé à Londres a confirmé que la banque avait "découvert une irrégularité" lors d'un réexamen des transactions des derniers mois, et il a affirmé que les autorités avaient immédiatement été prévenues.

Les découvertes sur les activités du courtier Alexis Stenfors, qui feraient l'objet d'une enquête des autorités britanniques, ont poussé Bank of America à réexaminer les livres de comptes de certains de ces collègues à la recherche d'éventuelles autres pertes majeures. En outre, affirmait le quotidien, c'est toute la branche courtage de Merrill Lynch qui est sous surveillance, alors que ses patrons Thomas Montag et David Gu ont été identifiés par la presse comme les récipiendaires de certaines des plus grosses primes versées par la banque d'affaires juste avant son intégration dans Bank of America: Thomas Montag aurait touché 39 millions de dollars et David Gu 15 millions de dollars. Quant à Alex Stenfors, dont les avocats joints à Londres par le quotidien ont évoqué un simple "malentendu", il aurait touché une prime "confortable", d'un montant non précisé, après avoir affiché un rendement de 120 millions de dollars pour ses activités de l'année.

La fusion de Bank of America et Merrill Lynch a donné naissance à un géant bancaire hybride, mariant deux cultures d'entreprise très différentes: le goût du risque de la banque d'affaires est à l'opposé des valeurs de travail régulier affichées par la banque de Charlotte (Caroline du Nord, sud-est).

Le PDG de Bank of America
Ken Lewis avait poussé le patron de Merrill Lynch
John Thain
à démissionner après la révélation que des primes mirifiques avaient été versées alors même que la banque new-yorkaise accumulait 15,84 milliards de dollars de pertes rien que pour le quatrième trimestre.