Les Sénateurs démocrates parviennent à un compromis sur le plan de relance

E24 avec AFP

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Les démocrates du Sénat américain sont arrivés à un compromis réunissant assez de voix pour faire adopter un plan de relance économique du pays d'au moins 780 milliards de dollars. Le coup de pression de Barack Obama et les chiffres catastrophiques du chômage ont pesé dans la balance.

Une entente a finalement été trouvée. "Nous sommes heureux que ce processus progresse", s'est félicité le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs dans un communiqué. Le président Barack Obama a salué samedi 7 février le compromis négocié au Sénat. "Au coeur de notre plus grande crise économique depuis la Grande dépression, le peuple américain espérait que le Congrès commencerait à affronter les immenses défis auxquels nous faisons face", a-t-il déclaré dans son allocution radio-diffusée hebdomadaire. "Il est temps d'agir maintenant" a-t-il ajouté.

Mais une grande partie des sénateurs de l'opposition restaient hostiles au plan de relance. Selon le sénateur John McCain, ex-candidat républicain à la présidentielle, si le texte est adopté, cela sera "une bien mauvaise journée pour l'Amérique" et le leader de la minorité républicaine Mitch McConnell a refusé le compromis, arguant qu'en tenant compte des amendements le coût devrait atteindre 827 milliards de dollars. Selon une source proche de la majorité, l'intention des démocrates est toutefois de maintenir le montant aux alentours des 800 milliards.

Pour faire adopter le plan, les démocrates comptent en fait sur le soutien de trois sénateurs républicains, Olympia Snowe, Arlen Specter et Susan Collins, qui leur donnerait assez de voix pour faire passer le texte. Plusieurs sénateurs démocrates ont précisé que la répartition des dépenses dans le nouveau plan, qui doit encore être approuvé par le Sénat dans son ensemble, est de 58% pour les investissements de toutes sortes (énergie, éducation, santé, etc...) et de 42% pour les réductions d'impôts.

Face à la lenteur des tractations, le président Obama avait tapé du poing sur la table. Vendredi 6 février après l'annonce d'un bond du taux de chômage, qui a atteint 7,6%, son plus haut niveau depuis septembre 1992, il a déclaré: "Il est inexcusable et irresponsable d'être ainsi bloqué et retardé pendant que des millions d'Américains sont licenciés".

Les "modérés" s'étaient réunis à huis clos depuis plusieurs jours pour ramener le coût total du plan de relance à un niveau qui lui permettrait de gagner des voix républicaines sans perdre celles des démocrates. Les républicains, qui cherchaient à obtenir davantage de réductions d'impôts et moins de dépenses publiques dans le plan de relance, disposent d'une minorité de blocage de 41 sièges sur 100 au Sénat.

Si le texte est finalement adopté par le Sénat, sans doute lundi, il devra être concilié avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants. Le texte de compromis sera alors remis au vote dans les deux chambres. Le président Obama a souhaité qu'il soit définitivement adopté d'ici le 16 février.