Ipsen plonge en Bourse sur ses prévisions

E24 avec AFP

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Le laboratoire Ipsen s'effondre de 11% à la Bourse de Paris, lundi 2 mars 2009, après avoir annoncé une prévision tablant sur une chute de ses marges en 2009. Le premier trimestre devrait être "significativement en deçà des attentes" en raison d'une activité ralentie en Europe, avertit Ipsen.

Son bénéfice net a reculé de 2,2% en 2008, à 147,2 millions d'euros, et son bénéfice opérationnel de 13,8% à 180,1 millions, sous le poids de l'acquisition de l'américain Tercica (endocrinologie) et de la filiale américaine de Vernalis (neurologie). Les résultats ont été notamment plombés par 2,6 millions d'euros de coûts liés à la restructuration des activités acquises, a-t-il précisé dans un communiqué. Ces acquisitions ont aussi plombé la rentabilité de la zone "reste du monde", dont le bénéfice opérationnel a chuté de 32,9% à 36 millions. Sans elles, il aurait augmenté de 12,3%.

Ipsen a reçu en 2008 quelque 20 millions d'euros de redevances de partenaires commerciaux, soit près de 60% de moins qu'en 2007, notamment parce que l'allemand Bayer, avec qui il est "en litige au sujet de la date d'échéance d'un contrat de licence signé en 1985", a arrêté d'en verser en mai. Au total, la marge opérationnelle atteint 21,6%, contre 22,7% en 2007, conformément à la prévision du groupe d'une rentabilité retraitée d'un paiement de Bayer comprise dans une fourchette de 20,5% à 21,5%.

Pour 2009, Ipsen a confirmé sa prévision d'une chute de sa marge ajustée à "environ 14%" suite aux acquisitions américaines, mais a prévenu que "le premier trimestre devrait afficher une performance significativement en deçà des attentes". Il fait face à un "début d'année difficile" en Grèce et en Belgique, et constate depuis début janvier "des retards dans le démarrage de son chiffre d’affaires" dans "certains pays d’Europe de l’Est, principalement dus à la perturbation de leurs circuits de distribution du fait de la forte baisse relative de leurs monnaies face à l’euro".

"Ces tendances sont encore accentuées pour le groupe par des effets techniques temporaires de déstockage provenant de certains de ses distributeurs en Chine et en Pologne", explique Ipsen. Le groupe pense toutefois "que ce ralentissement [pourrait] être transitoire sur l'exercice". Il a aussi "d'ores et déjà mis en place diverses mesures nécessaires pour favoriser la reprise dans les meilleurs délais d’un flux commercial stabilisé dans ces pays", fait-il valoir, sans en dire plus. "Les ventes de médicaments demeurent soutenues dans la majeure partie des pays où il opère, notamment les Etats-Unis, les principaux pays d'Europe de l’Ouest et la Chine", insiste-t-il.

Fin 2008, le groupe disposait d'une trésorerie nette réduite à 66,2 millions contre 217,8 millions fin 2007, en raison des acquisitions américaines. Son conseil d'administration va proposer à l'assemblée générale un dividende de 0,70 euro au titre de 2008, en hausse de 6,1%.