Dépréciations massives pour le plus gros groupe de presse américain

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Le plus gros groupe de presse américain, Gannett, éditeur du quotidien USA Today, a annoncé vendredi de massives dépréciations d'actifs, comprises entre 5,1 et 5,9 milliards de dollars, qui viendront encore alourdir ses importantes pertes.

Gannett, qui un an plus tôt avait affiché plus d'un milliard de bénéfices, a enregistré en 2008 une perte de 1,8 milliards de dollars.

Le bénéfice par action, qui s'entend avant prise en compte des éléments exceptionnels, s'établit à 3,61 dollars, bien en-deçà des attentes des analystes, qui attendaient 4,43 dollars.

Mais la société, basée en banlieue de Washington, précise que ce résultat ne tient pas compte des milliards de dollars de dépréciations d'actifs qu'elle compte imputer au quatrième trimestre. Le montant exact de ces provisions, qui correspondent à un amortissement accéléré d'écarts d'acquisition des filiales du groupe, est en cours de finalisation, a précisé le groupe.

L'écart d'acquisition, qui est considéré en comptabilité comme un actif, correspond à la différence payée par une entreprise pour une acquisition et la valeur de bilan de la société reprise. Ces écarts peuvent être importants dans la presse où la valeur d'un titre tient à des facteurs par essence difficilement quantifiables, comme la valeur de sa rédaction.

Avant même sans tenir compte de ces dépréciations, le bénéfice net des trois derniers mois de l'année a plongé de 35,6%, à 158 millions de dollars.

"Nos résultats pour le trimestre reflètent le bouleversement sans précédent dans les économies américaine et britannique et sur les marchés financiers", a déclaré le PDG Craig Dubow, cité dans un communiqué.

"Les provisions que nous anticipons sont dues à la récession aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, à l'impact qu'elle a sur les conditions des affaires et la pression à la baisse sur la valeur des actions", a-t-il précisé.

Gannett a notamment enregistré un repli de 22,7% de ses recettes publicitaires, à 963,4 millions de dollars.

"Le déclin important de la demande publicitaire au long du trimestre (..) n'a été que partiellement compensé par les recettes des publicités politiques", souligne le groupe, qui publie 85 journaux, quelque 900 autres publications et gère 32 chaînes de télévision aux Etats-Unis.

Ces derniers mois, Gannett a déjà annoncé le licenciement de 10% de ses effectifs, avant d'imposer une semaine de congés sans solde pour presque tous ses salariés.

Le titre perdait 14,86% à 5,88 dollars vers 19h30 GMT.