Le privé au secours de la relance économique américaine

A.-S. G. avec AFP

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Tim Geithner devrait préciser dès lundi 23 mars un plan gouvernemental pour gérer les actifs douteux des banques. Ce plan devrait comporter trois volets: la création d'une entité placée sous l'autorité de l'administration fédérale d'assurance des dépôts pour racheter et gérer les prêts, l'extension des facilités de rachat de titres adossés à ces actifs toxiques par la Réserve fédérale et les projets de rachat des crédits immobiliers et d'autres valeurs grâce à des fonds publics et privés, selon le Wall Street Journal.

Le mois dernier, Tim Geithner avait annoncé que 500 milliards de dollars allaient être mobilisés pour reprendre les actifs douteux qui plombent les bilans des banques. Les fonds de cette structure réunissant secteur public et secteur privé pourraient s'élever par la suite jusqu'à 1.000 milliards de dollars.

La Maison Blanche insiste sur l'importance de faire équipe avec le secteur privé pour soulager les banques de leurs actifs douteux, assurant que les firmes qui s'impliqueraient n'avaient pas à s'inquiéter que les politiques puissent se retourner contre elles.

Alors que les milieux d'affaires sont sous le choc de la détermination du Congrès américain à annuler des primes versées par les entreprises renflouées sur fonds publics, la conseillère économique du président Obama Christina Romer a assuré que les fonds d'investissements sollicités dans le cadre du plan pour les actifs douteux n'avaient pas à s'inquiéter d'être traités de la même façon."Ce dont nous parlons maintenant, ce sont des sociétés privées qui, en quelque sorte, nous rendent service", a-t-elle dit. "Le président se rend compte qu'elles sont dans une autre catégorie (que les sociétés renflouées par l'Etat), et je crois qu'elles vont être confiantes de pouvoir s'engager dans ce programme", a ajouté Christina Romer.

Le partenariat public-privé devient une nécessité pour le gouvernement. "Nous avons donc besoin de partenaires, pas seulement les sociétés privées, mais le FDIC (Fonds de garantie des dépôts bancaires), la Réserve fédérale, pour apporter un complément", a expliqué la conseillère économique d'Obama vantant également "l'expertise" que pourront apporter les gestionnaires privés.

L'objectif ce dimanche pour les conseillers économiques d'Obama était donc de rassurer sachant que le plan Geithner est critiqué à la fois par le secteur privé, échaudé par la détermination du Congrès américain à annuler de fait et rétroactivement des primes de performances versées dans des établissements renfloués sur fonds publics, et par des économistes s'inquiétant d'un nouveau cadeau fait à Wall Street.

Peter Morici, professeur à l'Université du Maryland, estime que les investisseurs privés qui s'associeront au gouvernement, encouragés à participer au plan par la promesse de garanties fédérales, vont être incités à "payer trop cher" pour des actifs toxiques. De son côté, David Kotok, le président de la firme d'investissement Cumberland Advisors, a aussi indiqué qu'il conseillait désormais à ses clients de se méfier de tout partenariat avec les pouvoirs publics. "Nous nous attendons à ce que la participation au plan qui va être annoncé cette semaine soit tiède, au mieux", a-t-il dit.