Les altermondialistes font leurs propositions face à la crise

E24 avec AFP

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Au Forum social mondial (FSM) qui s'est déroulé cette semaine à Belem (Brésil), au coeur de l'Amazonie, les altermondialistes ont mesuré leur force dans un contexte économique et financier particulièrement favorable à la contestation du capitalisme. Selon les organisateurs, le forum a réuni quelque 100.000 militants et plus de 2.000 débats de centaines d'organisations ont été programmés au cours des cinq jours du FSM de mercredi à dimanche, en contrepoint du Forum Economique mondial de Davos.

Au cours des multiples débats, un consensus s'est dégagé sur la création d'un organisme mondial pour réglementer le système financier et sur un contrôle plus étroit des banques et des transactions financières, a indiqué Bernard Pinaud de CCFD-Terre Solidaire. Une proposition proche de celle de la chancelière allemande, Angela Merkel qui souhaite voir la création d'un Conseil Economique des Nations Unies.

En outre, les altermondialistes veulent organiser leur première grande mobilisation le 2 avril prochain à Londres, quand le G20 se réunira pour débattre de la crise. Les militants réclament que le débat ait lieu "dans un forum plus représentatif".

La présence des cinq chefs d'Etat de la gauche latino-américaine dont Hugo Chavez (Bresil, Bolivie, Equateur, Paraguay et Venezuela) à Belem, a été bien accueillie par une majorité de participants. "Ils ont choisi Belem et pas Davos", s'est félicité Mme Mello du comité organisateur du FSM.

Depuis le G8 de Seattle en 1999, les altermondialistes prévenaient que "l'économie casino" et le libéralisme propagé par le Forum de Davos auraient des conséquences dramatiques. "Cela s'est confirmé mais ne voulons pas seulement dire que nous avions raison. Nous voulons construire des forces sociales et politiques qui soient capables de construire des alternatives", a dit Candido Grzybowski l'un des fondateurs du FSM.

Outre la crise, c'est l'Amazonie qui a occupé le devant de la scène à Belem, à un double titre: le FSM s'est tenu pour la première fois dans la région avec une participation record de 2.000 indiens, et parce que la destruction de la forêt représente, aux yeux des altermondialistes, tous les maux de capitalisme.