SocGén: hausse des jetons de présence

Jocelyn Jovène

— 

Les dirigeants de la Société Générale ont été "mis au régime", mais pas ses administrateurs. Ces derniers ont vu leur rémunération augmenter de 18,8% en 2008, et de 15,3% si l'on ne tient pas compte des jetons de présence versés à Jean-Martin Folz, qui n'était pas membre du conseil en 2007.

Les membres du conseil d'administration qui ont le statut de mandataires sociaux non dirigeants ont reçu au total près de 706.000 euros de jetons de présence contre près de 594.000 euros en 2007, selon le document de référence 2009. Certaines rémunérations reculent fortement (jusqu'à -81% pour Marc Viénot, une figure historique de l'établissement). D'autres augmentent dans des proportions très variées (entre 3,6% et 246%).

L'enveloppe des jetons de présence versés à l'ensemble des administrateurs est restée stable à 780.000 euros. Le groupe ne précise pas les mécanismes de calcul des jetons de présence, contrairement aux modalités de détermination des salaires des dirigeants.

Daniel Bouton, le président du conseil d'administration, a perçu 350.000 euros l'an dernier, soit la moitié de sa rémunération prévue, contre 3,3 millions d'euros en 2007. Sa rémunération due au titre de 2008 est de 495.110 euros.

Parmi les autres mandataires sociaux qui exercent une fonction de direction, le directeur général de la banque, Frédéric Oudéa, a perçu 618.681 euros, Didier Alix 1.106.818 euros, Séverin Cabannes 258.039 euros et Philippe Citerne 380.718 euros. Ces éléments de rémunération correspondent au mandat social. Ils sont exprimés sur une base brute avant impôt.

Selon le document de référence, Daniel Bouton n'a pas perçu de rémunération variable au titre de 2007, ni de 2008. Frédéric Oudéa, dont la rémunération fixe est de 850.000 euros, n'a pas reçu de rémunération variable au titre de 2008. L'absence de rémunération variable et la baisse de la rémunération fixe du président de la banque avait été décidée après la révélation d'une perte de 4,9 milliards d'euros liées à des opérations de courtage non autorisées et dissimulées, effectuées par Jérôme Kerviel.

La rémunération brute moyenne des salariés de Société Générale France était l'an dernier de 47.232 euros, en hausse de 2,2% par rapport à 2007. Au 31 décembre, le groupe comptait 163.082 collaborateurs, dont 60.344 en France. L'an dernier, la banque a recruté 23.766 personnes en contrat à durée indéterminée, soit 25,8% de plus qu'en 2007. Les salariés de la banque en France ont également touché un "supplément d'intéressement exceptionnel" de 220 euros.

Concernant la rémunération des professionnels des activités de marchés financiers, Société Générale indique qu'elle mettra en oeuvre dès cette année les principes professionnels définis en France et qu'elle suivra les règles recommandées au niveau international. Compte tenu des résultats en forte baisse des activités de banque de financement et d'investissement (BFI), les parts variables versées au titre de 2008 ont diminué de 40% par rapport à 2007. Dans les activités de gestion d'actifs, la baisse des rémunérations variables atteint 45% par rapport à 2007. "Dans la banque de financement et d'investissement, la part variable 2008 représente 2 mois de salaire fixe contre près de 3 mois en 2007", indique Société Générale.