Sanofi-Aventis chercherait le moyen d'optimiser sa recherche

Anne-Sophie Galliano

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Optimiser la recherche. Ce serait le nouveau crédo du directeur général de Sanofi-Aventis, Chris Veihbacher arrivé à la tête du groupe en décembre 2008. "Sanofi a une culture de recherche très interne, très enfermée dans ses murs", estime, dans Les Echos, le nouveau directeur général. Un système qui atteint aujourd'hui ses limites face au besoin impérieux pour Sanofi de renouveler son portefeuille de médicaments avec la perte de brevets attendus d'ici à 2012 sur nombre de ses médicaments phares.

La solution? Laisser la recherche aux autres. "Le mode de fonctionnement de base doit être de laisser travailler nos partenaires, plutôt que d'effectuer par principe les recherches en interne", explique Chris Viehbacher au quotidien. Le cabinet Boston Consulting est chargé de proposer une réorganisation en profondeur la recherche. L'idée pourrait être judicieuse: les entreprises de biotechnologies, ou des centres de recherche, supporteraient le coût des recherches, et Sanofi-Aventis sélectionnerait les meilleurs projets pour ensuite développer et commercialiser le médicament. Ce principe de partenariat n'est pas nouveau, le laboratoire français développe déjà ce genre de partenariat, notamment avec Crucell. Les deux groupes ont par exemple un accord d'exclusivité pour la commercialisation des vaccins contre la rage.

Mais Sanofi pourrait systématiser ce recours aux partenaires. Pour le directeur général de Sanofi-Aventis, "mieux vaut des partenariats comme celui que [que le groupe a] avec Regeneron, qui nous donnent accès à une partie des anticorps qu'ils mettent au point".

Partenariat ne rime pas avec achat. Un avantage certain. En externalisant une partie de sa recherche le laboratoire limite les coûts d'investissements qui deviennent exorbitants pour des résultats qui ne sont pas toujours au rendez-vous. Et un échec coûte cher, près de deux milliards d'euros pour l'Acomplia (médicament prévu pour soigner l'obésité, dont les essais ont été arrêtés) de Sanofi par exemple. Dans un secteur en pleine mutation, les laboratoires ne peuvent plus se permettre ce genre de dépense. Alors, une externalisation totale de la recherche, pourquoi pas.