Merck étoffe son portefeuille de médicaments

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L'américain Merck (qui n'a aucun lien avec l'allemand Merck KGaA) vient de mettre la main sur une pépite. Contrairement à beaucoup de laboratoires pharmaceutiques, Schering-Plough n'est que peu concerné par la concurrence avec les génériques et disposent de beaucoup de produits dans son portefeuille. D'ailleurs, Merck a précisé que "cette transaction double le nombre de médicaments potentiels en phase III (dernière étape avant la commercialisation, ndlr), à 18". L'un des médicaments les plus prometteurs, est le TRA, un médicament qui empêche la coagulation du sang attendu sur le marché en 2011. Les nouveaux médicaments de Schering représentent potentiellement des ventes de 6 milliards de dollars par an.

Merck met la main sur la totalité des ventes générées par Zetia et Vytorin, médicaments contre le cholestérol, qui a généré 4,6 milliards de dollars l'année dernière et qu'il se partageait avec Schering-Plough.

Pour le laboratoire américain, cette acquisition va redonner un second souffle alors que les autorités américaines lui a refusé la commercialisation de Cordaptive (cholestérol) et que les ventes de son médicament phare le Gardasil (vaccin contre le cancer de l'utérus) chutent. Surtout, il risque de perdre plus de 35% de son chiffre d'affaires avec la perte de brevets sur certains de ses médicaments.

En avalant son concurrent américain, Merck va particulièrement se renforcer dans les maladies cardiovasculaires, l'immunologie, l'oncologie, les maladies infectieuses et la santé des femmes. En effet, Schering-Plough est très présent sur le créneau féminin. Il commercialise la pilule minidosée Mercilon, ou encore le diaphragme Nuvaring et le traitement pour la fertilité Puregon.

Au-delà, Merck va accélérer son maillage géographique. Schering réalise 70% de son chiffre d'affaires en dehors des Etats-Unis, dont plus de 2 milliards de dollars par an dans les pays émergents. Un booster pour la croissance internationale de Merck. D'ailleurs, le nouvel ensemble compte réaliser 50% de ses ventes hors des Etats-Unis.

Un seul bémol a cette gigantesque fusion de 41,1 milliards de dollars: la perte potentielle du médicament Remicade (arthrite, rhumatisme) qui a généré 2,19 milliards de dollars de ventes en 2008 soit 16% du chiffre d'affaires de Schering. Ce dernier partage les fruits de ce médicament avec Johnson & Johnson. Selon les termes de leur accord Johnson &Johnson garderait l'ensemble des droits de Remicade si Schering est vendu, indique Bloomberg. Pour l'heure, Merck n'a fait aucun commentaire sur l'avenir du partenariat avec l'américain.

Une épine dans le pied de Merck qui vient de se hisser à la seconde place des laboratoires américains. Une place stratégique pour rester dans la course et contrer la montée en puissance des fabricants de génériques. La mégafusion: un choix opéré Pfizer et Merck mais dans lequel refuse de tomber Sanofi-Aventis et GlaxoSmithKline. Enfin, pour l'instant.