181,85 milliards de dollars d'acquisitions dans la pharmacie

Anne-Sophie Galliano

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181,85 milliards de dollars. C'est le montant des acquisitions d'entreprises dans le secteur de la pharmacie en seulement 4 mois, selon les calculs d'E24. Les plus actifs en la demeure: les Américains. Pfizer a placé la barre haute avec l'acquisition de Wyeth pour 68 milliards de dollars. Merck et Schering-Plough ont suivi dans la foulée (41,1 milliards de dollars) et Dow Chemical a emboîté le pas avec le rachat de Rohm & Haas pour un montant plus modeste, 16,3 milliards de dollars.

Avec la montée des génériques et la politique d'Obama de rendre les médicaments accessibles à tous les citoyens, les laboratoires américains se livrent une bataille féroce sur le continent et ont misé sur le rapprochement entre compatriotes pour se partager le gâteau que sont les Etats-Unis. Sur un marché total de 366 millards de livres (535 milliards de dollars) en 2007, les Etats-Unis pèsent 145 milliards de livres (212 milliards de dollars), et l'Europe 112 milliards de livres (163 milliards de dollars), selon GlaxoSmithKline.

Un autre laboratoire américain fait figure d'exception dans cette course à la taille. Bristol-Myers Squibb, connu pour sa gamme UPSA, avouait au Wall Street Journal qu'il se posait "tous les jours la question de savoir si il peut rester indépendant". Il veut lui aussi participer à la consolidation du secteur, mais ne dispose que de 9 milliards de dollars pour faire ses emplettes.

Les européens ne suivent pas non plus. Par choix, mais aussi par manque de moyens. Seul le suisse Roche s'est permis une acquisition de 46,8 milliards de dollars pour détenir 100% de Genentech. Une exception. Sanofi-Aventis préfère se contenter d'acquisitions de tailles moyennes qui lui assurent des positions dominantes dans une région. Le laboratoire français vient d'acheter Medley, le leader des génériques au Brésil, pour 656 millions de dollars (500 millions d'euros).

GlaxoSmithKline adopte la même stratégie que Sanofi-Aventis, des acquisitions de tailles moyennes pour se renforcer dans des spécialités. Selon son rapport annuel, il dispose d'une trésorerie nette disponible de près de 5 milliards de livres (7 milliards de dollars) et d'une trésorerie issue de ses opérations de 7 milliards de livres (10 milliards de dollars).

Comme Bristol-Myers, certains laboratoires américains peuvent craindre que, devenus des géants, les laboratoires américains se sentent à l'étroit dans leurs frontières, surtout avec une baisse des prix des médicaments sur leur marché. Ils pourraient venir chasser les bonnes affaires en Europe, deuxième débouché pour la pharmacie, ou dans les pays émergents. Enfin, une fois leurs acquisitions digérées. Un répit pour les laboratoires.