Kumo, la future arme anti-Google de Microsoft

Guillaume Guichard

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Microsoft veut se relancer sur le marché du moteur de recherche. Il teste depuis lundi 2 mars une nouvelle version de Windows Live Search auprès de ses employés. Selon la presse américaine, les salariés du groupe sont en train d'utiliser le nouveau moteur, désigné sous le nom de code Kumo.com, pour effectuer leurs recherches en ligne.

Les atouts de ce nouveau service restent flous. Le moteur devrait aider les utilisateurs à "réaliser leurs recherches, mais aussi à effectuer des tâches", a expliqué lundi Satya Nardella, responsable du programme, dans un email aux employés. Quelles tâches? Un indice: une colonne située à gauche des résultats de recherche propose différentes options, notamment un forum, peut-on voir sur une capture d'écran publiée par Bits, le blog high-tech du New York Times.

Avec Kumo, l'objectif de Microsoft est de relancer son activité moteur de recherche. Pour l'instant, Live Search occupe la troisième place des moteurs dans le web francophone. Loin derrière Google. Le géant monopolise 91,23% des visites, contre 2,29% pour Live Search, qui a progressé de 0,12 point depuis décembre, selon Comscore. C'est bien peu alors que Microsoft a déjà dépensé des milliards de dollars dans ce secteur.

Vu ces chiffres décourageants, pourquoi continuer? "Si nous abandonnons ce marché, nous ne pourrons jamais plus y revenir", affirme Steve Ballmer, PDG de Microsoft lors d'une conférence avec des investisseurs. Or, les moteurs de recherche sont une activité stratégique. Ce marché génère une très grande partie des revenus de la publicité en ligne, via les mots-clés achetés par les annonceurs pour apparaître aux côtés des résultats de recherche des internautes.

Pour ne pas se laisser complètement distancer, Microsoft est donc prêt "à perdre de l'argent" sur le moyen terme, a expliqué Steve Ballmer. "Mais nous devons rester responsables quant aux montants que nous investissons dans cette activité" (Microsoft y sacrifie 7% de ses investissements). Surtout, le groupe doit se montrer raisonnable en termes d'objectifs, a expliqué en substance le PDG qui a prévenu les investisseurs: il ne faut pas s'attendre à un bond de 3-4% par an des parts de marché de son moteur de recherche. Le géant du logiciel se prépare donc à une course de longue haleine contre Google.