Comment relancer la croissance asiatique?

Delphine Halgand

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La Banque asiatique d'investissement (BAD) a annoncé mardi 31 mars une révision à 3,4% de ses prévisions de croissance en 2009 pour les pays asiatiques en développement, contre 5,8% prévu initialement.

D'un autre côté, l'inflation continue à se réduire. "C'est une bonne nouvelle", commente Joseph Zveglich, assistant chef économiste à la BAD, qui ajoute que l'Asie était peu exposée aux pertes liées aux subprimes. L'Asie aurait perdu 19,5 milliards de dollars, contre 157,7 milliards aux seuls Etats-Unis, selon les données de la BAD.

La grande inquiétude des pays asiatiques ne vient donc pas tant de leurs banques, qui sont plutôt solides, que de leurs exportations. En janvier 2009, les exportations chinoises ont chuté de près de 15%, les indiennes de 10%, les thaïlandaises, indonésiennes, malaisiennes et coréennes de plus de 20%. Les exportations de Singapour et des Philippines ont quant à elles de décru de 30%. Le chômage, lui, monte en flèche.

Dans ce contexte inquiétant, les réponses ont été diverses. Le plan de relance chinois, par exemple, correspond à 13% de son PIB. Le pays a pu se financer grâce à ses importantes réserves. L'Inde n'a pas investi autant, son plan de relance correspond à 1,7% de son PIB.

Joseph Zveglich insiste sur le fait qu'il faudrait renforcer la demande intérieure des pays asiatiques pour relancer la croissance. Cela contribuerait, en plus, à diminuer les déséquilibres financiers existants. En effet, le déficit américain est largement compensé depuis la fin des années 90 par les surplus chinois et ceux des pays exportateurs de pétrole. "Ce déséquilibre est l'une des sources de la crise actuelle", explique Joseph Zveglich.