Le CAC 40 termine en repli de 0,67%

E24 avec AFP

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La Bourse de Paris termine en légère baisse mercredi après-midi, le CAC 40 recule de 0,67% à 2.905,57. Mardi, il avait reculé de 2,15% signant sa seconde séance consécutive de baisse et tombant au plus bas à la clôture depuis le 21 novembre. Après avoir évolué en forte baisse depuis l'ouverture, la place parisienne se reprenait à la faveur d'une ouverture dans le vert à Wall Street au lendemain de sa dégringolade.

L'indice DAX des trente valeurs vedettes de la Bourse de Francfort a fini mercredi en légère hausse de 0,50% à 4.261,15 points, contre 4.239,85 points la veille à la clôture. L'Eurostoxx 50 cédait lui 0,56%. Au même moment, de l'autre coté de l'Atlantique, le Dow Jones ne gagnait plus que 0,78%, contre plus de 1,70% lors des premiers échanges, alors que le Nasdaq affichait une hausse de 1,22%, contre plus de 2,20% à l'ouverture. La veille, Wall Street avait lourdement chuté, emportée par la dégringolade des valeurs financières qui a balayé les espoirs suscités par l'arrivée au pouvoir de Barack Obama. Le Dow Jones avait lâché 4,01%, sa plus mauvaise performance pour un jour d'investiture, et le Nasdaq 5,78%. En Asie, les Bourses avaient fini mercredi la séance en net recul, Hong Kong cédant 2,90%, Tokyo 2,0% et Shanghai 0,46%.

Les marchés souffrent toujours de l'ampleur de la crise économique mondiale: témoin, le Produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne, première économie européenne, devrait reculer de 2,25% cette année, selon les prévisions du gouvernement. En 2008, le PIB avait encore progressé de 1,3%. "L'économie allemande se trouve confrontée à son plus grand défi depuis la réunification", estime le gouvernement.

De leur coté, les finances publiques britanniques se sont fortement dégradées en décembre, avec un déficit de 44,2 milliards de livres (48 mds EUR) dû notamment à l'entrée du gouvernement au capital de la banque RBS, selon les données communiquées par l'Office des Statistiques nationales (ONS). Ce déficit dépasse de très loin les 17,8 milliards de livres prévus par les économistes, selon une compilation réalisée par la banque Calyon. Le trou a notamment été agrandi par l'entrée de l'Etat au capital de Royal Bank of Scotland, dans laquelle il s'est engagé à mettre 25 milliards de livres. Le taux de chômage britannique au sens du Bureau international du Travail (BIT) est monté à 6,1% sur les trois mois achevés en novembre, un sommet depuis 1999, après 6,0% sur les trois mois achevés en octobre.

Dans ce contexte, les marchés doutent du succès du nouveau plan de sauvetage bancaire britannique qui doit protéger les banques contre leurs actifs toxiques. En conséquence la livre sterling restait considérablement affaiblie: elle a touché un nouveau plus bas face au billet vert, depuis juin 2001, à 1,3716 dollar. "Le coût du nouveau plan de sauvetage (des banques) entraîne les investisseurs à parier que la Grande-Bretagne perdra sa note maximale +AAA+", a estimé le stratégiste de NAB Capital, John Kyriakopoulos. Elle serait alors dans la même situation que l'Espagne, à laquelle l'agence Standard and Poor's a ôté sa note "AAA" lundi. S&P, qui a aussi dégradé la Grèce, passe actuellement en revue les notes du Portugal et de l'Irlande.

En France, pour autant, Le gouverneur de la Banque centrale (BdF), M. Christian Noyer, a estimé que les banques restent "globalement rentables" et que la nouvelle tranche de recapitalisation que vient d'annoncer le gouvernement est plutôt destinée à empêcher d'éventuels problèmes. "Nos banques sont saines et solides et affichent toujours des ratios de solvabilité élevés, au-dessus des seuils prudentiels minimums", a commenté M. Noyer dans un discours prononcé dans le cadre d'une conférence Paris-Europlace aux Emirats arabes unis.

Par ailleurs, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, s'est voulu plutôt rassurant sur la zone euro qui, selon lui, n'est pas menacée de déflation, à savoir d'une baisse généralisée des prix préjudiciable à l'économie. "Nous n'avons actuellement aucun risque de déflation. Nous sommes témoins d'une désinflation liée à la forte chute des prix des matières premières. C'est une évolution favorable", a-t-il déclaré lors de son audition régulière devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen.